Bons et mauvais hasards

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Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Sam 25 Mar - 12:17

¤ 20e jour du premier mois d'été 1139 ¤

La nuit commençait à s'étendre sur Talsinia. Au loin, les ombres des maisons se découpaient sur un ciel d'encre bleu, et l'activité des quartiers tendait à s'endormir peu à peu elle aussi. Les boutiques se fermaient, on rangeait les étals, on remballait de chaque côté de la route les marchandises à emporter sur des carrioles.
Attentif au labyrinthe de ces rues qu'il ne connaissait pas encore très bien, mais qu'il s'efforçait d'enregistrer rapidement sans trop se laisser distraire par toutes ces nouveautés autour de lui, Tristan roulait le long d'une venelle relativement paisible. Quelques animaux erraient ici et là, et il pouvait entendre les bavardages des passants regagnant leurs pénates, des journaliers achevant leur journée de travail, des marchands...
Au tournant d'une petite voie, il fut soudain surpris par un gros chariot de denrées que son conducteur, sans doute pressé pour une livraison, menait à vive allure sans trop faire attention à ceux qui circulaient autour. Le gracile vagabond n'eut que le temps d'écarquiller les yeux de pousser un petit cri de surprise avant de se voir bousculé par le gros véhicule. Tout agile qu'il était, le garçon n'avait pas eu le temps de pirouetter pour éviter le chauffard et les pavés un peu saillants de cette venelle ne lui avaient pas permis une rapidité suffisante.
Ni une ni deux, il se retrouva à même la pavé, expulsé hors de son modeste fauteuil, lui aussi renversé par terre à quelques coudées de lui. Plus de peur que de mal, heureusement : ses côtes le lançaient un peu et il pesta un ou deux jurons entre ses dents, cependant il ne s'était rien cassé. Il soupira, soulagé au moins de cela. Tristan entreprit de ramper sur les coudes jusqu'au landau renversé... mais aurait besoin de l'assistance de quelque passant pour redresser son siège et y être rassis. Il pouvait d'ordinaire aisément se transférer de tel ou tel endroit à son fauteuil, en s'agrippant à une colonne et en ondulant du bassin, mais il fallait une prise à proximité et que le siège soit droit. Le maraudeur entreprit tant bien que mal quelques tentatives, mais il dut vite baisser les bras, et attendre quelqu'un ~



Spoiler:
Voilà, petite situation sur suggestion d'Indis, j'te laisse ramener qui tu veux Smile
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Lun 27 Mar - 15:22

Il y avait dans une fin de journée quelque chose d'angoissant. La nuit prenait chaque rue, chaque arbre, chaque pavé dans son manteau sombre comme si le néant lui même prenait dans ses bras la Vie, pour la plonger dans une substance inconnue et inquiétante. Plus rien n'était reconnaissable, les animaux, les fleurs, les gens. La nuit retirait les couleurs au monde en le rendant uniforme avec une question secrète: Demain sera t-il mieux ou pire qu'aujourd'hui?
Chaque soir Etain se posait cette question, et refusait d'entendre chaque matin la réponse que le soleil levant lui donnait: Pour changer de vie, il fallait commencer par changer soi-même.
On ne change pourtant pas réellement. On évolue. On s'élève, on grandit, on mûrit mais pour tout cela encore fallait-il avoir conscience de soi ou de ce qui nous entoure. Du bien et du mal. De l'amour et de la beauté. Celle d'une rose qui éclot dans la rosée du matin ou de la majesté d'une biche qui fuit un danger. Etain était dans la destruction et ne se rendait pas compte des trésors qui l'entourait. Comme chaque soir -ou presque- elle préparait un forfait profitant du voile inquiétant de la nuit pour passer à l'action. Ce soir elle s'était cachée pour attendre un marchand auquel elle avait vendu de la fourrure à un prix bien trop bas à son gout et il était bien plus simple -et drôle- de la reprendre pour la lui vendre une seconde fois, que de négocier une seule fois à un prix raisonnable pour tous les deux.

Le destin était de son coté, un obstacle avait entravé la route du charriot le faisant ralentir suffisamment pour qu'Etain bondisse de sa cachette et s'accroche avec habileté au bois arrière du chariot. Elle y récupéra sans mal son bien avant de se laisser rouler dans le fossé un peu plus loin sans que le marchand n'ait rien vu du léger délestage dont il avait été victime.
Victorieuse, Etain se redressa une fois la charrette hors de vue, s'épousseta avant de revenir sur ses pas peau de lapin blanc en main. 5 Kat! Marmonna t-elle. Sa douceur en vaut au moins 10! Quel enfoiré! Rangeant son butin dans sa besace pendante sur sa hanche, elle releva le regard et au loin aperçût une ombre informe sur le chemin. La silhouette ne ressemblait à rien de familier, la nuit n'aidant pas vraiment Etain à savoir de quoi il s’agissait jusqu’à ce qu'elle soit à proximité. Ça ressemblait à un landau pour enfant, trafiqué de bric et de broc. A coté, une autre forme s'était dessiner au sol alors qu'elle avançait à pas de loup mais celle ci bougea. C'était un homme! Etain mit la main sur un de ses poignards et marcha vers le tas de ferrailles avec prudence sans quitter des yeux la masse mouvante jusqu’à la surplomber de toute sa hauteur. Son regard dur se posa sur le jeune homme puis glissa sur ses jambes minces avant de faire le lien avec le chariot à bébés. C'était donc -ça- que le marchand avait renversé? Un truc mi-homme mi-charrette? Un truc qui gisait sur la terre battue comme un limaçon, incapable de se sortir de ce... faux pas?

Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres d'Etain tandis qu'elle évaluait le potentiel marchand du demi homme.
- T'es dans la merde on dirait? Lui lança t-elle amusée.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Lun 27 Mar - 18:51

Tristan s'acharnait, mais il n'arrivait décidément pas à se tirer d'affaires. Un fâcheux endroit, sans la moindre prise à laquelle il eut pu s'accrocher et, ensuite, ondoyer avec l'adresse qui caractérisait pourtant le corps longiligne qui jaillissait comme un souffle de ses haillons trop grands. Bientôt, les cliquetis des modestes bijoux de bois taillé et de plumes, qui pendaient à son cou, s'interrompit avec ses mouvements. Il n'y avait qu'à attendre quelqu'un... inutile d'insister.
Adossé au mur, ses jambes pendantes et inertes lui donnèrent une vive honte qu'il avait presque oubliée durant ses premiers jours en cette ville. Lui qui, sur ses roues, savait danser, tournoyer, viser et dissimuler comme peu de monde saurait le faire... hors de son siège il ne pouvait plus rien et ses talents étaient aussi vains que ses courbes aux mouvements d'une élégance subtile. Les deux couteaux cachés dans ses guenilles ne l'aideraient pas davantage, si ce n'était à se défendre au cas où, mais il ne souhaitait pas. Il soupira.

Sa seule distraction fut d'apercevoir un peu plus loin la voiture qui l'avait renversé accostée sans politesse par un individu qui y déroba quelques biens. Il ne put retenir un petit rire à cette scène. Un voleur... comme lui, parfois.

Ses yeux traînant au sol, il vit enfin l'ombre de cette personne glisser vers lui, presque le dévorer de toute la hauteur depuis laquelle on l'observait. Des vêtements masculins, mais il lui apparut bien vite que les formes qu'ils vêtaient étaient celles d'une femme. Pas très grande, plutôt sèche quoique solide, mais une femme malgré tout. L'espace d'une seconde, il s'en trouva rassuré - peut-être à tort - et apprécia l'audace et l'indépendance qu'il devina chez une femme ainsi habillée. Un sourire très discret lui échappa.
L'obscurité ne lui laissa cependant pas en distinguer bien davantage. Pourtant, un éclat de lumière provenant d'une torche, non loin, lui révéla furtivement un visage clair et zébré d'une ou deux cicatrices. Détail que Tristan ne savait s'il devait redouter ou en être touché. La deuxième option avait tendance à lui venir plus naturellement, presque inconsciemment, comme un miroir de sa propre situation. Mais surtout, il y avait ces deux yeux, bleus comme un jour sans nuage, mais froids comme des jours de souffrance.
Le rictus aux lèvres de la femme lui aussi invita le garçon à raviser quelque peu son empathie, il devait pour l'heure demeurer sur ses gardes.

La femme le jaugeait, et s'adressa à lui avec un amusement qu'il ne sut dire agressif, ou complice, presque compatissant quoique dans un humour grinçant. Il choisit de ne pas se laisser déstabiliser, leva sur elle ses yeux ambre, comme une réponse muette dans un regard pour l'instant neutre. Et d'un ton plutôt calme, à la méfiance voilée, espérant se voir bientôt tiré d'affaires :

- (petit sourire, amusé) C'chauffard là, vous lui avez donné sa leçon. (quand elle évoque sans détour la merde dans laquelle se trouve l'invalide ) Pour sûr... Mais heureusement pour moi (regard sur elle, un peu félin, suggère le coup de main attendu à sa façon) elle aura-t-y pas été trop longue.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Mar 28 Mar - 15:24

De son voyage au Laodt Etain avait apprit durement qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Comme la rose délicate et innocente cache des épines redoutables, l'humain aussi frêle soit-il, aussi mal en point qu'il puisse être, pouvait s'avérer un adversaire redoutable. Le jeune homme était mendiant à en juger par l'état avancé d'usure de ses frusques. Aucune valeur marchande potentielle nota Etain dont le regard détailla les traits fatigués du visage qui s'était tendu vers elle. Il était très jeune, bien que cela ne soit pas pour Etain un critère qui donnait l'innocence aux humains. Elle même étant petite était déjà un véritable démon. Aussi elle ne se laissa pas attendrir et fit glisser son regard sur les breloques qui scintillaient à la lueur du réverbère non loin d'eux. 2 kats? 1? Elle ne pouvait voir de quoi étaient composés les bijoux pour les évaluer correctement. L'accent du jeune homme fit arquer un sourcils à Etain. Il n'était pas d'ici.Un voyageur? En landau! Cette image donnait de quoi rire, mais pas pour Etain qui jeta une œillade dans la direction du chariot qui avait à présent disparut laissant le chemin vierge de toute vie. Son vol avait été rendu possible grâce à cet individu mais loin de lui en être reconnaissante, elle le vit comme un dangereux témoin de son délit. Et ça, ça ne lui plaisait pas du tout. Il n'avait certes pas de jambes dignes de ce nom mais il avait une langue bien pendue -pour le moment-pensa t-elle dont il se servaitt pour lui soumettre l'idée qu'elle était celle qui le sortirai de l'impasse dans laquelle il était. Un petit bruit comme un rire moqueur s'échappa d'entre les lèvres de la voleuse avant qu'elle ne recule jusqu'au landau nonchalamment.

- Tu n'es pas du coin toi...

Pour celui ne connaissant pas la jeune femme son ton semblait aimable et son regard bien qu'espiègle paraissait bienveillant.
Etain saisit l'engin par une roue, le souleva juste assez pour le remettre d'aplomb en le faisant basculer, laissant croire à l'infirme qu'elle accédait à sa requête formulée à demi mots.- C'est toi qui l'a trafiqué? Lui demanda t-elle en guettant le jeune homme avant de s'installer elle même dedans un sourire vicieux retroussant ses lèvres fines.
Elle leva le menton et tint son dos droit dans le siège comme si elle venait de s'assoir sur un trône. Puis pour s'assurer de sa solidité, elle secoua le landau qui émit des bruits de ferrailles en guise de cris douloureux. Elle arrêta là son petit jeu, d'un coup de pied leste et brusque sur le sol, elle fit reculer la chariote en posant son regard tinté de sa folie sur l'infirme.

-Parce que tu crois que je vais te remettre dedans pour la gloire?

Dans un geste lent, elle posa ses mains sur les roues et fit avancer le fauteuil de quelques centimètres tandis qu'elle s'amusait encore avec comme s'il s'agissait d'un vulgaire jouet pour enfant. -Je gagne quoi?
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Mar 28 Mar - 21:27

Tristan fronça cette fois-ci un peu plus les sourcils en se sentant jaugé d'un regard sévère, froid, mercantile. Encore quelqu'un qui pouvait avoir en tête les habituels refrains quant à son inutilité ou diverses autres choses qu'il savait trop bien ? Il sentit les yeux inquisiteurs de la voleuse s'arrêter notamment sur les breloques de sa confection - au moins une petite fierté, quelque part : ses bijoux intriguaient. Il commença toutefois a deviner, moins heureux, ce qui devait lui passer par la tête.
Son pressentiment ne fut pas démenti par la suite des événements. Le garçon opina simplement du chef lorsqu'elle lui demanda s'il était étranger, et confirma encore par un petit signe de tête l'intuition de la femme au sujet de sa chariote. Oui, il avait quelque peu rafistolé ce landau afin de le rendre le plus maniable possible.

Mais voilà qu'elle redressait le véhicule et, après un court espoir durant lequel le jeune infirme crut la voir lui venir en aide comme il l'espérait, la vagabonde s'y assit sans aucune gêne. Tristan ne retint pas un petit plissement de lèvre mi-amusé mi-gêné à cette singulière façon de jouer et, surtout, de jouer avec ses espoirs et ses nerfs.
Sur ces entre-faits, la voleuse prit un petit plaisir à adopter dans le siège une posture altière... Aussi Tristan ne put-il s'empêcher de glisser d'une voix teintée d'humour, un peu plus piquante quoique toujours subtilement mêlée de douceur, malicieuse comme un chat :

- Vot' majesté devrait prendre garde, on tombe si facilement d'son trône pour s'y voir remplacé.

Mais la plaisanterie fut de courte durée et le petit roi déchu entendit la question acerbe de la vagabonde : pourquoi donc l'aiderait-elle ? Question qui se vit aussitôt accompagnée de la réclamation d'une paie, sans détour. Pourtant, Tristan ne soupira même pas. C'était si courant, comme attitude. Des comme ça, il en croisait toutes les semaines lorsqu'il voyageait, et qu'il demandait un infime coup de main que l'écrasante majorité des valides estimait devoir être financièrement récompensé. C'était... humain.
Malgré lui, il eut un petit sourire plus distant, le sourire de celui qui sait, qui en a déjà tellement vu dans ce goût-là. Il ne ferait pas à la jeune femme le plaisir de se mettre en colère ou de s'offusquer, mais son regard lui aussi devint plus détaché, légèrement alourdi, blessé - et comme déçu. Déçu pour elle presque davantage que pour lui. Qu'est-ce qui avait donc pu inculquer à cette personne une telle dureté, un tel cynisme, une telle mentalité de la loi du plus fort ?
Sa voix, devenue également plus sobre que complice et joueuse, s'éleva pour répondre :

- Eh bien, z'avez déjà la promesse que j'garderai pour moi le secret d'vot' main basse sur ceci. (désigne les fourrures récupérées par la chapardeuse) Solidarité. (Un temps) Mais j'espère juste que vous vous r'trouverez jamais par un mauvais hasard dans la position d'avoir à r'cevoir de l'aide de quelqu'un d'autre... (plus rieur, regardant son véhicule) La roue tourne, comme on dit.

Il plongea dans des souvenirs à ses mots. Lui-même comprenait cent fois ce sentiment douloureux que pouvait distiller le fait de se trouver dans une situation de dépendance. Une blessure profonde. Sans doute devait-elle raisonner ainsi. Mais Tristan avait aussi appris qu'il existait mille et une façon d'avoir de la valeur et de pouvoir aider, tout le monde est toujours invalide de quelque chose, tout se complète dans la nature. Et quelle vanité de la part de certain valides, que de ne pas vouloir voir la fragilité - voir que n'importe quel jour, n'importe quel incident pouvait leur arriver et les jeter dans une situation physique similaire.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Mer 29 Mar - 9:19

Ce demi-garcon pouvait se vanter d'amuser un temps soit peu Etain même si elle n'en montrait rien préférant garder sa carapace d'acier comme bouclier. Son humour grinçant s'accordait au sien et à défaut de la faire rire, il divertissait ses oreilles par ses caricatures grotesques. Elle était assise sur son séant bien correctement et gardait un œil sur l'individu. L'heure n'était pas encore de rendre son trône, encore moins d'en tomber.
Il avait cependant compris qu'il valait mieux se méfier d'elle et était devenu plus distant, peut être était-il vexé? Etain ne pouvait que s'en sentir flatter. Voir la méfiance naitre chez ses semblables l'avait toujours fait bander. Elle en tirait une force certaine, elle, si fragile.
Ce que le jeune homme lui promit, Etain n'en attendait pas moins. Elle opina du chef lentement, satisfaite de cela, -elle n'aurait pas à lui couper la langue-.
On lui avait appris qu'en ce bas monde rien ne tombe tout cuit dans le bec. Il fallait se battre pour obtenir, payer pour avoir, se défendre pour survivre. Rien ne tombait du ciel, et surtout pas les miracles. Pourquoi aujourd'hui ferait-elle une impasse à ce qu'on lui avait enseigné? Sous prétexte que cet humain est différent?! Parce qu’il est infirme?
Il l'était c'était indéniable mais avait également un cerveau qui lui, marchait à la perfection semblait-il, suffisamment pour se croire obligé de lui faire la morale.

Un éclat douloureux passa furtivement dans le regard de la brune qui continuait de fixer l’adolescent du haut de son fauteuil. Ses mâchoires se crispèrent de colère ou de chagrin, on n'aurait su le dire, tandis qu'un silence lourd et pesant s'installa.
De l'aide, elle n'en avait jamais reçu et lorsqu'elle en avait eu, c'était toujours en contre partie de quelques choses. Un larcin, un service, une corvée, un plaisir charnel. La vie se résumait finalement à une succession d'échanges, qu'ils soient pécuniers, de bons ou mauvais procédés. Un prêté pour un rendu, voilà comment tournait le monde. Les bons comptent ont toujours fait les "bons" amis -les mauvais des ennemis-.
Les souvenirs qui confirmaient cet adage ne manquaient pas dans la sombre mémoire d'Etain et tout cela pour la seule raison qu'elle était mal née. Elle était venue au monde, femme.
A cette pensée, les sourcils d'Etain se froncent aussitôt, piquée par la colère qu'éveillait ce souvenir. Elle rompit le silence d'une voix sèche.

- Tu n'es pas au pays des fées ici! A Talsinia la vie est dure. Celui qui te dira le contraire est un menteur! Compter sur les autres ne fonctionne pas éternellement! La preuve.

Etain avait appris à ne compter que sur elle même. Au moins elle ne devait rien à personne, elle était libre. Indépendante.
En une provocation, la main de la femme serra de nouveau la roue et la fit tourner. Moqueuse, elle laissa échapper un rire avant de reprendre la parole en continuant de faire avancer et reculer le landau, toujours de quelques centimètres à peine.

- Si tu as croisé des gens assez sympathiques pour te tirer d'affaire, je m'en vois ravie pour toi. Tout le monde n'a pas cette chance! Précise t-elle avec un regard entendu avant de suspendre son manège et de fixer le jeune durement. -Donc, je le répète, que me proposes-tu? La peau étant la mienne à l'origine, ce marché suffit simplement à épargner ta langue. Finit-elle les dents serrés, les poings crispés, sa patience atteignant ses limites.
Etain n'avait rien de bien précis à convoiter chez lui, il ne possédait rien qu’intéressait vraiment la contrebandière mais puisse qu’il refusait un échange alors elle en exigeait un par principe et par esprit de contradiction.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Jeu 30 Mar - 19:12

Tristan vit le regard de la voleuse devenir d'une froideur qui, cette fois-ci, sembla un court instant être en partie celle de la souffrance. La glace d'un hiver, la glace qui se déployait autour de ces ruines qu'on avait maltraité ou laissé à l'abandon. Il ne faisait aucun doute que cela constituait une carapace, et le jeune invalide n'avait pas grand mal à en supputer la raison. Une femme. Et ce n'était pas pour rien que depuis le début de sa vie, il s'était toujours senti plus proche des filles, retrouvant ses peines dans les leurs, imaginant et vivant bien les mépris que beaucoup subissaient. Dès la famille, sous la coupe d'un homme, puis d'un autre, puis encore d'un autre même dans l'au-delà avec ce pseudo père éternel. Le petit infirme admirait les femmes fortes, les femmes indépendantes, toutes celles qui s'en sortaient ou du moins encaissaient. Des modèles.
Il était de plus tellement malheureux que la vagabonde n'ait connu que la dureté dans son parcours, et un apprentissage des pierres et de la froideur. Oh bien sûr que le garçon avait moult fois dégusté, subi des épreuves et des humiliations - mais il avait eu la chance : le miracle, de rencontrer ces trois femmes, ces trois "mères", qui l'ont ressuscité, sauvé de ce qu'il aurait pu devenir et qu'il voyait ce soir-là devant lui : le profond désarroi et l'aridité. Oui, il avait eu de la chance... c'était ironique, mais il pouvait le dire.

Aussi, contre toute attente, les yeux ambre de Tristan prirent un tour désolé, et semblèrent presque s'accorder avec les pensées qui devaient agiter et glacer ceux de cette femme. Pourtant, il ne s'agissait pas d'excuser ni de s'aplatir devant elle.

- "La vie est dure." V'pensez bien qu'je l'sais autant que vous. Et moi même j'voudrai pas mentir et dire que c'monde est un conte.

Un frisson lui glace l'échine. Le mépris des religieux qui l'avaient vu comme un produit du diable ou du péché. Les coups de son père, le jour où il avait fui l'orphelinat pour le retrouver. Et toutes les saletés entendues, les portes fermées quand il demandait des emplois... Des hommes, quasiment toujours des hommes. Pourtant, il chassa ces souvenirs par un fin sourire comme une arme.

- Juste une longue histoire, avec des bons épisodes (un temps, petit coup d’œil furtif remontant du sol au visage de la femme) et des mauvais.

Quand elle lui dit qu'il avait eu la chance de croiser des personnes sympathiques et qu'elle en était ravie pour lui - ironiquement sans doute - il se contenta de répondre, mais avec une franche simplicité, véritablement de la sincérité :

- Et moi, vous m'voyez désolé qu'vous ayez pas croisé d'ces gens là. Mais j'ai pas à le payer. Et vous non plus.

Ses sourcils se cassent et une fine ride vient froisser son front blême lorsqu'elle lui fait clairement comprendre qu'elle aurait pu aller jusqu'à lui trancher la langue. Croyant avoir mis le doigt sur ce qu'on a reproché à cette brigande - son sexe - il ne put alors pas s'empêcher de glisser d'une voix douce qui n'en serait que plus gênante sans doute :

- Je vois. Alors vous inquiétez pas, z'êtes bien... un homme comme les autres.

Et, de nouveau plus distant :

- Mais bon, puisque vous préférez parler concret et affaires, j'ai vraiment rien d'valeur sur moi, vous l'voyez bien. Ce marché en est absurde. Alors... qu'est-ce que vous voulez ?

"A part un sentiment de puissance" se retint-il d'ajouter. Sans n'en rien montrer, il redouta cependant ce que pourrait répondre la brigande. Il avait bien quelques piécettes récoltées avec sa danse de l'après-midi. Si elle les découvrait, soit. Il soupira intérieurement à l'idée de se passer de repas le lendemain. Et il y avait ses bijoux... Mais l'un était un souvenir auquel Tristan tenait, et l'autre, il avait pris des heures à la confectionner, sculptant le bois, tressant du chanvre, agençant des plumes... Sa question visait surtout à voir la réponse de la voleuse, dont il était anxieux mais tout autant curieux.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Lun 3 Avr - 15:26

"Z'êtes bien un homme comme les autres" lui avait-il craché de sa voix mielleuse comme s'il était en position de juger, de lui coller cette infâme étiquette ou même de tirer des conclusions sur sa condition d'homme ou de femme. Etain n'était ni l'un, ni l'autre.
Elle arqua simplement un sourcil à cette remarque, ne sachant si elle devait s'en sentir flattée ou vexée. L'homme était en effet le point de départ de sa déchéance, depuis son premier souffle jusqu’à maintenant. Ils étaient des êtres dont il fallait se méfier lorsqu'on était une femme, un animal. Leur sexe proéminent leur donnaient dans la société des droits que les femmes, sexe faible, sexe caché n'avaient pas. L'homme travaillait plus dur, l'homme ramenait plus d'argent, l'homme avait la force physique. L'homme... L'homme...l'homme. Non! Etain n'en était pas un! Elle était l'humain primitif comme à sa création, l'animal qui devait se battre pour exister, pour survivre.
C'était une insulte d’être traité ainsi. -Qui aurait pu être ironique venant d'un homme qui n'en était pas un-. Mais Etain n'avait plus du tout envie de rire. Faisant claquer sa langue contre son palais, comme soufflée par les paroles de l'infirme, elle resta silencieuse quelques instants tendant l'oreille à ce qu'il crachait. Entre rage et mélancolie. Entre méchanceté et apaisement que lui dictait une voix silencieuse au fond d'elle.
Ce mec n'était justement pas un homme comme les autres. Vu son infirmité, à sa place la jeune femme se serait soumise -au plus fort-. Lui non. Lui avait réponse à tout comme une femme. Lui ne s’aplatissait pas. Lui tentait de discuter, de la faire raisonner comme une femme aurait pu le faire. Comme sa mère jadis le faisait avec son père-en vain-.
Elle était un de ses mauvais épisodes lui avait il fait remarquer avec un regard entendu. Forcément avec un physique pareil, il n'a pas pu se faire que des amis. Lui aussi avait du avoir sa dose de merde. Pourtant il ne paraissait pas en avoir été changé mais grandit. Comment? Etain n'était pas très impressionnante mais la situation devrait lui arracher au moins un tremblement! Il paraissait presque serein, adossé au vieux mur de pierres qui accueillait son dos depuis leur face à face. Attendait-il le glas lassé, ou espérait-il qu'il ne tombe jamais?
Il cachait quelque chose sans aucun doute. Etain en eu la conviction alors qu'il lui demandait ce qu'elle voulait elle. Lui avait-on déjà demandé cela par le passé? Jamais. Il marquait un point mais pas encore la bataille.
Son regard colérique se mua en convoitise et d'un coup sec, elle fit avancer le fauteuil pour n’être plus qu'a quelques centimètres du jeune homme. Leurs pieds se touchant presque.

- Je suis certaine que tu caches plus de valeur que tu ne le penses.

Son regard bleu glissa des pieds à la tête du jeune invalide avec la gourmandise d'un prédateur reluquant une proie de choix puis fixa l'azur de ses yeux dans le miel de ceux du blondinet. Si l'on faisait abstraction de ses jambes inutiles, de ses vêtements miteux qui auraient mérités un lavage en bon et dues formes, il n'était pas si désagréable à regarder. Etain avait au moins gagné ça, à se rapprocher de lui. Cette pensée lui arracha un nouveau petit rire, comme tombé de nulle part avant de reprendre son attitude de glace au ton menaçant.

- Y'a un truc qui m'échappe monsieur le demi-homme... Un mec aussi désavantagé que toi ne se trimbale pas sans défense? Hein? Montres moi donc les armes que tu planques sur toi. On verra ensuite...

Sournoise, la jeune femme attendit, la main tendu qu'il s’exécute et qu'il pose ce qu'il avait dans la paume de sa main. Suivant les agissements du jeune, il se pourrait qu'elle consente à lui rendre sa place, dans son siège.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Mer 5 Avr - 12:08

Tristan capta le regard mi flatté mi froid, quelque peu cynique aussi, de la jeune femme lorsqu'il parlait "d'homme". Un regard presque attendri et suivant la même idée, l'espace d'un instant. Sans doute avait-elle saisi toute l'ironie de ce mot, toute son absurdité mise en évidence, dans la bouche d'un individu infirme et pour qui ces cases "d'homme" et de "femme" ne voulaient parfois pas dire grand-chose. Une certaine légèreté apparut alors sur les traits du petit vagabond. Fi de ces catégories et de ce qu'elles imposaient. Il était lui, tout simplement, avec sa singularité, masculine ou féminine, qu'importait bien !

Le voleuse parut s'apaiser, mais se sentir traversée d'une profonde - quasi inquiétante - étrangeté au contact de ce qui était si différend de ce qu'elle avait connu. Aussi le garçon afficha un air plus réservé, il ne souhaitait pas non plus appuyer sur ce malaise, ni faire que sa voix et son expression se rapprochent des deux couteaux en sa possession. Des lames qui pouvaient percer, équarrir lentement, dans des gestes fins et précis mais qui n'en étaient pas moins cruels. Non, Tristan n'aimait pas cela et n'usait de ces armes si possible que pour se défendre ou en cas d'absolue nécessité.

La petite phrase qui tomba alors de la bouche de la jeune femme, des paroles moins violentes, presque sobres, concernant ses "valeurs", fut accueillie par l'invalide d'un sourire encore discret mais plein de franchise. Peut-être que la vagabonde n'y mettait qu'un sens matériel, mais peut-être aussi qu'elle y glissai sciemment une double acception. Quoi qu'il en fut, c'est cette seconde option qu'il retint et, sans ironie aucune, il souffla dans un regard détaché :

- Je vous remercie. (Un temps) Je vous retourne le constat.

Un léger trouble et de la timidité naquirent ensuite cependant chez le garçon lorsqu'il sentit la maraudeuse se rapprocher de lui. Tout près. A l'en frôler quasiment. Et que son regard devint celui de la délectation et de la chasse, tandis qu'elle détaillait ostensiblement son corps d'une façon qui ne relevait cette fois plus du mépris, bien au contraire. Un regard trouble. Tristan s'efforça tant bien que mal de demeurer paisible et ses yeux tâtonnèrent vers les iris acier de la femme, le long de son buste aux formes discrètes, qui était surtout nerveux, maigre, musclé, et portait tant d'épreuves. Ces allures plaisaient à Tristan, cent fois plus que les femmes parfaites des tableaux de la mythologie et du classicisme, chez les nobles et dans les églises. Il appréciait des corps où on pouvait lire la vie et ses accrocs, et savait que le sien cultivait un paradoxe similaire.
Il l'écouta ensuite l'interroger et entreprit de répondre au mieux :

- Y a... Y a pas vraiment à trembler quand on en a tellement vu et qu'on peut qu'espérer aller vers du mieux. Ça déjà, c'est une défense. (Il croise son regard une fraction de seconde, se doute qu'elle connaît cela.) Pour mes armes, j'crois qu'vous avez déjà vu la plupart.

Un demi sourire aux lèvres, il pensa à son impassibilité et à son calme comme des carapaces, lesquelles savaient être déconcertantes. Lui qui pratiquait des tours de magie, d'apparition, de disparition avec des noix et diverses bricoles sans valeur - son allure aussi relevait un peu de l'illusionnisme - et il aimait. Néanmoins, il hocha la tête et, la voyant tendre la main pour demander ses autres armes avec autorité, il poursuivit :

- Pour le reste, voici ce que j'ai.

Il tira très discrètement de ses poches deux longues et très fines lames, qu'il joua à faire apparaître comme d'un coup entre ses doigts effilés. Les couteaux burent alors d'un coup la lumière d'une torche voisine, et brillèrent deux secondes. Tristan n'attaqua pas. Il joua le jeu jusqu'au bout, et remit les couteaux à la femme - s'en remit à elle. Un test. Avec toujours la sécurité de petites pierres dans ses poches, qu'il ne donna pas, et qu'il savait bien lancer là où il fallait au cas où.
C'était curieux de voir la jeune femme tendre la main, Tristan ne put s'empêcher de songer à ce geste qu'il avait parfois - lorsqu'il mendiait. Avisant les couteaux qui pendaient à la ceinture de la voleuse :

- Apparemment, on a les mêmes armes - plus ou moins.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Jeu 6 Avr - 16:06

Etain n'avait pas de valeur, du moins pas de son point de vue, qu'elles soient physiques ou morales. Un corps mutilé servait d’enveloppe à un esprit sombre, tortueux et déséquilibré. Ses qualités, elle n'en avait pas conscience, personne ne les lui avait jamais énuméré. Elle était forte, c'était une certitude pour pouvoir supporter l'idée même de vivre encore à l'heure qu'il est. Les moments où elle voudrait passer à trépas sont nombreux et son esprit obscur ne retenait que ceux-là lui faisant croire que finalement, elle n'était rien.
Ses défauts elle les comptait par centaine et en était fière. Voleuse, manipulatrice, cruelle, sans cœur, admirable assassin mais pour elle, là ne sont que qualités... Aussi, Etain entendait le mot valeur par bien. Possession matérielle. Pour elle, tout objet pouvait se vendre, se troquer. Le jeune homme lui avait retourner ce qui croyait être un compliment et lui avait fait grincer les dents. Elle faillit lui rire au nez. De quel œil pouvait-il bien juger, qui lui avait apprit à regarder les gens avec autant d’indiscrétion?

Indiscrète, Etain savait l’être aussi, et elle se réjouit de la réaction presque timide de l'invalide. Pour sûr personne et surtout pas une femme ne l'avait regarder avec autant d'ambition. Elle n'était pas regardante sur la marchandise, du moment que celle-ci fonctionnait correctement, cela la contentait généralement. Mais là, elle doutait sérieusement de la validité du matos. Aussi elle ne comptait pas sur ce gain là avec lui, et d'ailleurs à présent qu'elle s'était rapproché, elle notait sa peau lise et le contour de son visage parfait que la vieillesse n'a pas encore marquée. Il était jeune. La 15ène, peut être moins. En tous cas, pas plus qu'avait Etain lorsqu'elle s'était enfuit 10 ans auparavant mais il était, semblait-il, bien plus sage qu'elle encore fois, dans ses actes mais aussi dans ses paroles.  
De quoi la faire rager une fois de plus. Ses discours de type qui en a apprit long commençait à agacer la brune qui prenait sur elle pour ne pas lui faire avaler sa langue afin de le faire taire. Combien de fois lorsque les rôles étaient inversés, Etain avait espérée pour qu'on la laisse aller vers ce -mieux-, vers ce monde meilleur, vers l’au delà. Tout l'inverse de ce que tentait de lui faire comprendre ce mystérieux emmerdeur. Pour ce qui était de ses armes cachées autre que matérielle, elles n'étaient certainement pas physique mais bien dans sa verve et cette façon agaçante de se comporter avec elle.

Elle se contenta juste de hausser les épaules, l’œil sévère, en attendant qu'il en vienne au fait. Qu'il consente enfin "à lui rendre les armes". Ce qu'il fit d'une façon étrange qui aurait pu surprendre la voleuse si elle ne s'était pas attendu a ce qu'il soit habile de ses mains, faute de l’être avec ses pieds.
Son regard quitta celui du jeune pour se poser avec ardeur sur les lames brillantes qu'il posait dans le creux de ses mains.

- Pas mal... commença t'elle en refermant ses doigts sur le manche des poignards tandis que son œil avisé courait sur la tranche fine des lames. Le jeune homme pointa les poignards à sa ceinture et les compara aux siens. Quittant des yeux le reflet métallique une seconde, un fin sourire se dessina sur les lèvres d'Etain, moqueuse.

- On ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Sans en ajouter plus, elle poursuivit son étude des armes du blondinet. Elle les soupesa et ajouta - légers et bien équilibrés. Puis les fit se croiser entre elles devant son visage pour en apprécier leur son. Il était aiguë prouvant de la finesse de l'ouvrage.

- Les miens n'ont rien avoir avec les tiens. Tu peux les jeter facilement j'imagine... Moi... Rassemblant les deux couteaux de l'infirme dans une de ses mains, elle tira l'un des siens de son fourreau en se levant doucement du landau. - Ils sont fait pour tuer. lâcha t-elle avec froideur tandis qu'elle exhibait une lame sombre à quatre sillons meurtrier dans un sourire faussement féroce. Elle s'était levée de son plein gré, laissant le fauteuil libre si il souhaitait s'y remettre, -si il le pouvait aussi- mais ne dit mot et ne fit rien pour l'encourager. Il n'avait qu'a se démerder, elle lui avait déjà rapprocher et ça venant d'elle, c'était déjà un exploit. Elle fit un pas de coté pour dégager le passage en rangeant sa propre arme et poursuivit sur un ton plus léger, la force ne menant visiblement à rien avec cet énergumène.

- Et tu as quoi d'autre?
Pour ce qui était des couteaux du jeune garçon, pour le moment elle les garda en main nonchalamment, juste pour l'emmerder un peu, donnant un peu l'impression qu'elle ne les lui rendrait pas.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Lun 10 Avr - 18:58

Tristan vit la jeune femme tiquer lorsqu'il lui retourna sa phrase concernant la valeur. Oh il s'était bien douté du sens qu'elle y mettait, mais il le lui avait retourné comme si ce fut un compliment juste pour le jeu et observer la réaction. Elle resta interdite un court instant, et ses regards indiquaient clairement qu'elle parlait bien de valeur matérielle.
Il l'observa jauger ses armes - en effet, plutôt des armes de tir, qui savaient être très précises. Des armes qui servaient à la beauté lorsqu'il dansait avec, les maniant comme les griffes d'un félin qui devenaient semblables au prolongement de ses doigts lorsqu'il jouait à les faire jaillir puis rentrer dans ses paumes d'un coup, comme par magie. Il aimait aussi les entendre teinter comme un écho subtil lorsque ses bras dessinaient des vagues. Mais à regrets, le garçon avait aussi fréquemment à les employer pour sa défense. Une pointe fine. Des bords tranchants. Il lui était déjà arrivé de couper des tendons, des bras ou des mollets, juste pour empêcher ses adversaires de le poursuivre davantage lorsqu'il chapardait et avait - rarement, heureusement - le malheur d'être repéré. Une fois, il en avait même lancé un dans une poitrine. Ne pas tuer. Mais blesser assez sévèrement pour n'être pas acculé si on le prenait en chasse.
La voleuse accorda à ses lames un regard et un sourire de mépris, aussi acerbes que sa phrase, et pourtant elle les soupesa et les jugea bien en parlant de leur équilibre. Il put voir qu'effectivement, les siennes étaient d'un autre type. Les siennes ne voulaient pas être projetées, ni siffler - elles avaient quatre bords tranchants comme des dents, elles mordaient, elles tuaient, ainsi que la vagabonde le précisa d'elle-même.

Tristan apprécia d'un sourire en coin sa comparaison culinaire et supposa que ses "torchons" lui seraient rapidement rendus, quand en face on avait des serviettes.

- Parfait. (Un temps, et il souffle lorsque Etain présentz la principale vertu de ses armes à elle : ) Chacun sa spécialité.

Il observa une nouvelle fois les armes de la jeune femme, acerbes comme son regard, brutes et rapides comme elle devait souvent l'être. On a des armes à son image. Le jeune invalide ne retint pas un bref mouvement de recul lorsqu'elle feignit de le menacer de ses engins de mort, son souffle s'était interrompu une seconde mais avait repris presque immédiatement après. Son visage lui aussi se détendit rapidement : si elle voulait le tuer, elle l'aurait fait depuis longtemps. Et elle n'avait absolument rien à gagner de lui, ni vif, ni mort. Il retroussa même un pan de sa lèvre, et laissa même éclore un franc sourire à son visage en voyant la vagabonde reculer, se lever de son siège puis redresser la chariote.

- Merci.

Le véhicule était tout proche de lui désormais - et de nouveau droit sur ses roues. Déjà du progrès par rapport à sa situation initiale. Tristan se mit à étudier comment y remonter. Il pouvait plaquer le véhicule contre le mur afin qu'il ne bascule pas, se tenir aux côtés de la caisse de bois qui servait d'assise, se hisser... Mais se retourner serait ensuite compliqué... A moins qu'il ne se mette dos au véhicule, tente de l'attraper par ses bras en arrière, se redresse...
Un moment, il oublia complètement la jeune femme et se mit à ses tentatives. Son dos comme un roseau se courba, plongeant légèrement en avant, ses vertèbres s'enroulaient dans une rondeur féline qui eurent été gracieuse si la situation ne fut pas incommodante - et il jeta ses bras en arrière, mais la position était tout de même douloureuse. Des picotements dans les mains, des tremblements commençant à galoper le long de ses bras, il tenta de se hisser. L'effort dessina alors davantage ses muscles peints à la lumière cuivrée des torches de la nuit. Mais il grogna et, tout près du but, retomba à terre sur ses fesses en position initiale.
Tristan pesta et reprit son souffle. Il décida qu'il attendrait un court instant de récupérer ses forces, puis réessaierait, à présent qu'il avait une technique intéressante. Se concentrer. En attendant, il reporta ses yeux sur la jeune femme et arqua un sourcil m-amusé, mi-dépité à sa nouvelle demande.
Il décida d'être honnête, et sortit de sa poche les cailloux qu'il usait pour ses tours. Certains étaient petits, ronds, doux, d'autre un peu plus gros, et aiguisés. Cela pouvait trancher, avec un peu de force. Ou assommer. Dans la nuque, c'était bien - il avait déjà expérimenté sur un poursuivant, malheureusement. Tristan lui montrait cela mais cette fois-ci, les gardait bien en main et ne lui donnerait pas. Fallait pas pousser mémé dans les orties, et il ne savait pas encore si le jeune femme avait l'attention de filer avec ses précieux couteaux.

- Voilà. (anticipant avec humour un éventuel nouveau "quoi d'autre" - qui ne viendrait sans doute pas, mais pour la blague) Après ça d'vient un peu intime.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Mar 11 Avr - 15:39

Etain avait prit place contre le mur, une épaule en appuit sur la pierre froide et les bras croisés sur sa poitrine en tenant les lames dans une main, elle observait l'infirme, amusée. Il était souple le bougre, Etain elle même doutait qu'elle serait capable de se plier comme il le faisait, à la manière d'une branche verte. Elle excellait pourtant dans toutes sortes de positions mais leurs but étaient disons, tout autres. Elle s’apprêtait à devoir l'applaudir si il parvenait à remettre son fessier sur le siège mais l'heure n'était visiblement pas venu de le féliciter. Il échoua lamentablement, se retrouva en position initiale, le cul par terre en arrachant un petit rire moqueur à sa spectatrice du jour tandis que lui pestait, le souffle court.
Elle pensa bien à lui arranger le travail en lui tenant le fauteuil ou bien en calant celui ci contre le mur mais son amusement de le voir gigoter comme un ver coupé était bien trop fort. Et puis, cela donnait un avantage certain à Etain qu'il soit encore au sol. Elle n'était donc pas pressée qu'il remonte sur son trône.

Le soupçonnant de vouloir refaire une tentative plus tard, lorsqu'il aurait récupérer sa force, Etain s’intéressa aux pierres qu'il extirpa de sa poche pour répondre enfin à sa question. Il se foutait de sa gueule ou est-ce une blague? Elle avait fait un pas pour regarder de plus près le précieux qu'il tenait et releva un regard interdit sur lui prête à lui cracher quelconques mots venimeux au visage mais lorsque celui ci plaisanta son regard se teinta d'amusement.

- Vraiment? Questionna t-elle, curieuse. -J'aime ce qui est intime. Ajouta-elle avec un sourire. Comme précédemment son regard traina un instant sur le jeune homme lui laissant croire qu'il était un mets de choix et revint rapidement se fixer dans ses pupilles.
-Si il faut que je te mette à poils pour que tu me montres tes petits secrets, saches que j'y prendrai un malin plaisir, tu appréciera peut être aussi la chose? Hum?

Une femme lui avait-elle déjà fait la cours? Avait-il déjà touché ou même simplement posé son regard cuivré sur le corps dénudé d'une de ces créature? Etain trouva là, un nouveau jeu en attendant qu'il remonte sur son fauteuil.
Ce jeune homme était comme un jouet flambant neuf que l'on reçoit pour son anniversaire. Etain ne savait plus où donner de la tête. A chaque fois qu'elle trouvait une fonction qui semblait fort distrayante, elle en trouvait une supplémentaire beaucoup plus drôle que la précédente.  Il était une profusion d'amusement à lui tout seul, une vraie fête des moissons hors saison.


Dernière édition par Etain Nastéria le Ven 14 Avr - 8:47, édité 1 fois
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Mar 11 Avr - 18:03

Tristan avala amèrement un filet de salive à ce rire moqueur qu'elle décocha sur lui. D'habitude, on l'admirait quand il dansait. On en oubliait presque son fauteuil, ou alors il arrivait à la sublimer en ne faisant qu'un avec lui dans des pirouettes, en dessinant de ses bras des arrondis parfaits comme pour s'accorder à celui des roues, en tournoyant, en ondulant.
Il inspira et se concentra à nouveau. Sa main droite vint essuyer les quelques gouttes de sueur qui perlaient à son front, avant qu'il ne secoue la tête, récupérant son énergie et ses idées. La prochaine fois, il y arriverait. Un public présent pour sa bassesse et non pour ses talents, il ne le supportait pas. Le garçon l'avait même presque oublié. Aussi une telle situation et les souvenirs qu'elle ravivait lui furent-ils douloureux. Des piqûres à fleur de peau, plus mordantes encore que la fraîcheur de la nuit à présent bien tombée, lourde et noire comme un taureau mort sous les pointes acérées des banderilles. Écrasante.

Lorsqu'il sortit ses pierres, il ne sut vraiment comment interpréter le regard distant qu'elle avait jeté à ses petites armes. Piètres, mais insoupçonnées et dangereuses si elles étaient très bien lancées. Tristan vit cependant ses pupilles se teinter d'amusement à sa plaisanterie.
Toutefois, la vagabonde ne l'entendait pas de la même oreille que lui... et semblait même prendre le bon mot beaucoup plus sérieusement qu'il ne l'espérait. Oh merde... Lui qui croyait désamorcer la situation... Que cherchait-elle ? Sur quel type de personne était-il tombé ? L'infirme souhaite qu'elle ne veuille quand même pas jouer avec lui à ce niveau-là aussi. Il pensait que seul ce qu'elle pourrait gagner de lui financièrement parlant l'attirait. Oh, peut-être que la voleuse ne désirait elle aussi que le taquiner et s'amuser un peu, sans geste en arrière pensée. Telle fut en tout cas l'option que retint le jeune invalide.
Il se trouva quelque peu déconcerté, mais choisit donc de répondre avec un sourire à la fois léger et très détaché à son premier commentaire quant à son attrait pour l'intime :

- Alors que ça l'reste. Y a plus de charme mystérieux sinon.

Il espéra que le message soit clair, mais elle alla plus avant encore dans le jeu qui semblait devenir sérieux. Une simple blague pour lui faire comprendre qu'il n'avait plus rien sur lui... Il se retint de se pincer de dépit l'arrête de nez. Il n'avait que quatorze ans, ne s'intéressait pas du tout au sexe - et la jeune femme non plus, surtout avec lui, avait-il cru à tort. Pourtant, le corps, oui, ça lui parlait : Tristan était réceptif aux ondulations, au sensible, à une certaine forme de beauté - souvent fêlée. Aux caresses aussi. Mais pas au sexe. Il aimait la part esthétique du corps, mais d'une douceur feutrée, une approche lente et comme chargée de mystère et de respect.
Espérant toujours qu'elle ne fasse que plaisanter comme lui, il souhaita conclure poliment en hochant négativement la tête lorsqu'elle lui demanda si se dénuder lui plairait. Non. Pas comme ça. Pas avec une inconnue qui clairement ne faisait que jouer avec lui. Juste, non. Il ajouta pour terminer, faussement plaisantin, concernant ce qu'elle découvrirait :

- Vous seriez déçue.

Ayant parlé, et cette fois-ci bien revigoré et motivé à regagner sa chariote avant que les choses ne risquent de tourner étrangement, il remit ses pierres en poche et étendit de nouveau les bras derrière lui. Dans des prestes mouvements de fil de pêche, ils hameçonnèrent les bords de son véhicule et s'y amarrèrent assez solidement. Il bloqua sa respiration, canalisa toute sa force et poussa de son mieux, d'un roulis de bassin, sur tout le haut de son corps pour se dresser. Son dos s'arqua en pont, ses omoplates ressortaient et il avait la tête projetée en arrière dans l'effort. Malgré les picotements et la douleur dans ses muscles bandés comme le fil d'un arc, il atteignit son assise. Une libération. Tristan poussa un profond soupir mais ne relâcha pas l'effort : il se fit glisser jusqu'au fond du siège et y cala bien ses fesses pour être certain de ne pas risquer de glisser. Victoire.
Il apaisa son souffle et demeura un peu sonné, une poignée de secondes, mais revint très rapidement à lui et secoua ses mains pour en chasser les derniers fourmillements. Le garçon n'avait même pas regardé la vagabonde, trop soulagé de s'être à nouveau rendu maître de son autre moitié. Ses épaules le lançaient, mais qu'importait, cela passerait. Il était trop soulagé pour accorder de l'importance aux conséquences de l'effort.
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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Etain Nastéria le Ven 14 Avr - 15:34

Etain accueilli son non de la tête par un rire sardonique. Le voir si frêle, si penaud face à la réalité qu'était la sexualité -qu'il n'avait pas encore connu-, l'amusait. Elle qui avait rencontré le Grand Méchant Loup à un age ou les petites filles sont censées jouer à la poupée, elle trouvait le jeune homme presque mignon lorsqu'il refusait de manger de ce pain là. Mignon ne faisait malheureusement pas parti de son vocabulaire. Elle ne se laissait pas attendrir par la naïveté d'autrui, au contraire cela avait tendance à l'agacer. Lui avait-on laissé le choix à elle? Elle fit fi de ses souvenirs douloureux qui avaient changés à jamais sa personnalité, son corps et sa perception de l'accouplement des humains et ricanant encore elle répondit au jeune d'une voix cassante.

- Si le matos est dans le même état que tes jambes, c'est certain!

Pour sûr qu'il n'allait pas rire à cette remarque mais Etain se fichait bien de faire plaisir ou non. Lui n'avait pas fait dans la dentelle lorsqu'il l'avait insulté d'homme, il n'avait pas volé cette insulte.

Le spectacle reprenant alors qu'il avait visiblement récupéré assez de force, Etain riva son regard au jeune homme ou plutôt à sa technique. Ce coup ci c'est le bon pensa t-elle en le regardant arquer son dos douloureusement, onduler comme une vague pour enfin y parvenir. Lorsque celui ci fut en place, elle s'arma de son plus beau sourire en ne manquant pas de l'applaudir et de le féliciter.

- Chapeau l'artiste! J'ai cru un moment qu'il fallait que je t'y colle moi même sur ton trône! Tu vois que tu peux te démerder!

S'approchant de lui a pas feutrés, un sourire en coin, elle lui tendit l'une de ses lames gardant la seconde bien au chaud dans son autre main.
- Tu l'as bien mérité celle ci. Quand à l'autre... Elle recule brusquement une fois délestée du poignard qu'elle lui tendait puis poursuit en lui désignant une vieille porte en bois. Il était temps qu'il paye sa dette, s'il refusait alors il pourrait dire adieu à son précieux. - Tu me donnera bien un cours de lancé de couteaux pour l'obtenir?





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Re: Bons et mauvais hasards

Message par Tristan Darcy le Mer 19 Avr - 19:00

Deux fines rides circonspectes apparurent au visage clair de Tristan lorsque la voleuse éclata de rire à son "non" concernant l'idée de se déshabiller devant elle. Un rire d'aigreur. Elle-même n'avait pas dû avoir la possibilité de dire "non". Cette perspective le glaça - pour elle, et pour les ombres de tant de femmes touchées par des choses de cet ordre, des blessures irréparables. Et c'était comme si lui ne voulait pas être du camp opposé, de ceux qui souvent infligent cela et à qui tout donne le pouvoir.
Il demeura fermé aussi à la point de la jeune femme concernant son sexe et l'état de sa machinerie.

- Qu'importe. Ça m'intéresse tout simplement pas d'le savoir pour l'instant.

Son sourire cependant revint et s'élargit lorsqu'il parvint à se remettre sur ses roues, et reçut des applaudissement - certes accompagnés d'une nouvelle plaisanterie cynique - mais des applaudissements tout de même. Il joua le jeu, étendit les bras et courba le dos comme dans une gracieuse révérence devant le public. Un fond de malice luisait dans ses yeux, et la joie persista lorsqu'elle lui rendit un couteau et suggéra un petit cour de tir pour récupérer l'autre. L'idée ne lui déplut pas.

- Bien... C'est entendu. (petit air espiègle, regard à son entrejambe) J'sais pas encore si j'tire bien là, mais (montre ses mains avec son couteau) ici j'vous garantis qu'oui. (Un temps, se concentre) Bon... J'pense que vos couteaux, même s'y sont pas tout à fait comme les miens, devraient faire l'affaire pour c'que j'vais vous montrer. (D'un petit signe de la tête, il lui suggère de s'essayer d'ors et déjà avec ses armes à elle et pas seulement avec le couteau qu'elle rendra sous peu à Tristan, espère-t-il.)

Il commença à rouler des épaules, tendre les bras et son front se plissa tandis qu'il visait un nœud du bois sur la vieille porte que la vagabonde lui montrait. Une bonne petite cible.

- Il faut surtout vous concentrer. Posez votre souffle, garder bien les deux yeux ouverts contrairement à c'qu'on a tendance à faire naturellement. Les distances et la force de tir à évaluer... ça vient surtout en s'entraînant, comme tout. Et la rapidité avec laquelle vous vous concentrerez aussi, pour qu'elle soit d'plus en plus rapide, surtout en pleine action, quand vous aurez pas l'temps de poser votre souffle et de bien vous mettre en phase.

Il tira, vit sa lame fuser, valser, se ficher dans le petit nœud de la porte. Tristan inspira, satisfait de son coup. Il ne perdit pas de temps et fusa pour aller récupérer son arme sur la porte.

- Bon après, vos cibles, elles bougent, hein. L'tout c'esst la stratégie, d'essayer d'anticiper leurs mouvements. Faut observer. Servez-vous des mouvements types de vot' adversaire. (d'un petit signe, lui suggère d'essayer, tout en montrant la position qui lui semblait la plus adéquate à la maîtrise de son corps de son souffle, de sa précision) 'Fin pour moi, y a l'fauteuil qui joue, z'aurez pas les mêmes appuis sur vos deux jambes, mais trouvez la posture où vous êtes le plus en possession de vot'force de tir.

Tristan cause, mais demeure sur ses gardes, espère bien que plus tard, ses conseils ne se retourneraient pas contre lui si un jour elle venait à le recroiser avec l'idée de lui tirer ce qu'il aurait pu gagner d'argent ou autre. Mais pour l'heure, il prenait le pari et se prêtait au jeu.

Spoiler:
J'sais pas du tout tirer en vrai xD
J'ignore complètement les conseils que donnerait un professeur de tir ou autre >< mais admet-on  Arrow  
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