Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Mer 24 Mai - 22:07

Le sourire pétillant et l'enthousiasme de Kliff étaient communicatifs, et Tristan se demandait toutes les aventures et histoires qui pouvaient bien se cacher derrière. Lorsque le garçon lui répondit avec sérieux quant à ses amis de la rue, Tristan acquiesça et, portant un doigt à ses propres lèvres, il chuchota, l’œil complice :

- J'dirai rien, t'inquiètes pas pour ça.

Et toujours avec la même proximité et sa loyauté, le jeune invalide - quoique déçu de ne pas pouvoir en apprendre davantage quant à Madame - accepta le refus de Kliff :

- J'comprends. Bien sûr.

L'information resterait toutefois dans la tête de l'étranger, décidé cependant à ne pas causer d'ennui quelconque au garçon par une curiosité qui fût trop poussée.

Il se fit silencieux et très attentif aux informations que lui donnait l'enfant quant aux Réprouvés. Voilà qui l'éclaire davantage. Quand il lui présenta le choix entre l'acceptation de l'autorité de l’Éminence ou l'obligation de partir, Tristan se fit un peu hésitant, une fine ride sceptique venant froisser son front. Il n'avait pas l'habitude d'accepter une autorité... C'était surtout sa débrouillardise et la nécessité de s'en tirer qui le guidait. Et cela pouvait, quand on était dans des cas difficiles, pousser à agir de façon plus ou moins honnête - quoique le jeune danseur tenait à être le moins possible hors-la-loi. Comment pouvait-on promettre une obéissance, miser ainsi sur les aléas de la vie. On ne sait jamais ce qu'elle réserve et fait faire. Et en quoi consistait précisément l'autorité de l'endroit ? Si cela se résumait à ne pas voler, tuer, ce genre de choses, cela allait de soi. Y aurait-il davantage ? Il se contenta de résumer :

- Heureusement on m'a rien demandé directement pour le moment ni fait d'ennui. Dis, c'est quel genre d'autorité, cette Éminence ? Y a des règles particulières ?

Il en avait connu, des autorités parfois abusives et aux dogmes parfois assez étonnants. Il préférait se renseigner, juste au cas-où, bien que pour l'instant les choses allaient très bien pour lui.

Les traits de Tristan dessinent une petite moue lorsque Kliff parlent des Réprouvés, et du château où il ne peut plus se rendre.

- Oh, je vois... Y ont accepté ton départ sans représailles ? T'as juste plus l'droit d'aller au Château alors...

Dans un bref réflexe, il surveilla que personne n'entende ce genre de conversations de trop près et se frotte l'arrête du nez, avant d'essuyer son front et ses joues encore humides de la sueur de sa danse.
A la dernière question du garçon, il hocha la tête avec un sourire à la première demande : oui, il se plaît à Talsinia. Mais son sourire s'effaça quelque peu tandis, qu'il se questionna intérieurement sur la possibilité de rejoindre les Réprouvés.

- Hum... Tu crois, je serai bien au Château ? Y auraient quel genre d'rapport avec ma... ma chariote... dis ? Y sont comment, tes anciens camarades ?

On pouvait sentir dans son ton qu'il était sceptique. On lui avait déjà fait du chantage du genre "nous sommes bien bons de t'accueillir, travaille deux fois plus !" - ou simplement mis en valeur ses incapacités et fondé le contrat là dessus. Se sentir entre les mains de quelqu'un d'autre en échange de son aide... Des expériences amères se rappelèrent à sa mémoire. Mais peut-être que les gens du Château étaient bienveillants. Sans aucun doute, même, pour certains.
Mais un autre point retenait Tristan. Il commettait de petits larcins faute de travailler et de gagner sa vie autrement, quand même la danse ne le nourrissait pas les jours de malchance. Aussi ne voudrait-il pas que ces rapines s'institutionnalisent, par contrat avec les Réprouvés. Voire qu'on lui demande de commettre pire... Il maniait bien le couteau, mais ne se sentirait pas de recevoir les commandes de sordides missions, il n'était pas comme ça.
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Jeu 1 Juin - 8:57

Ah il était bien ce Tristan ! Il comprenait vite quand il fallait tenir sa langue. Kliff était rassuré, personne n'aurait d'ennui à cause de lui. Mais voilà qu'il était intrigué par la fonctionnement des Réprouvés. Kliff se fit un devoir d'éclairer la lanterne de l'étranger.

« Avec l’Éminence, c'est simple : tu donnes une part de ce que tu ramasse et en échange tu as le droit de dormir au chaud et d'avoir des amis quand t'es dans la merde. Tu as de quoi manger aussi. C'est une histoire d'entraide. Tant que tu tires pas trop dans les pattes des copains, ça passe, et faut pas trahir le groupe. C'est tout. C'est normal. »

Kliff acquiesça vivement à la question suivante.

« Bah oui, ils savent que même si je suis parti je vais pas les vendre. Ça serait nul de ma part de faire ça, et en plus ça m'apporterait rien de plus que tout un tas d'ennuis. Qui aurait envie d'avoir tous les voleurs et assassins de la ville à ses trousses ? »

Kliff éclata de rire comme s'il venait de faire la meilleure plaisanterie du monde. Il faut dire que celui qui espérait survivre après avoir balancé les Réprouvés en entier était bien naïf. Et Kliff, même s'il était pas toujours futé, n'était pas naïf.

La question du Tristan était bien questionnante. C'est vrai ça, ils auraient quel rapport avec la chariotte ? C'était super pour faire des courses dans les couloirs mais ça deviendrait compliqué de se balader dans le Labyrinthe avec ça. Enfin, pour être plus précis, c'était surtout pour entrer dans le Labyrinthe qu'il y aurait du sport. Kliff se passa le doigt sur le menton en regardant l'objet du crime.

« Ouais… j'avoue… pas facile avec ça. Mais faisable quand même. Y'a des entrées où tu peux passer, et puis t'as pas deux mains gauches, tu y arriveras à entrer. Et puis, ils sont pas chiens, ils te laisseraient pas tomber. »

Mais la deuxième partie de la question était difficile à comprendre pour le gamin. Il n'y alla pas par quatre chemins pour répondre, avec ce petit air moqueur qui ne le quittait pour ainsi dire jamais :

« Comment ça, "y sont comment" ? bah ils sont quoi. Des Réprouvés, danseurs, chanteurs, musiciens de rue, juste mendiants, prostituées, voleurs… tu veux un dessin ? Je te préviens, je sais pas dessiner. »

Parfois, les choses étaient trop évidentes pour le garnement, comment imaginer que ça ne l'était pas pour d'autres ?

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Lun 5 Juin - 17:48

Spoiler:
Du coup, est-ce que tu veux poursuivre ici ou bien on songer à conduire rapidement ce RP vers sa fin, pour en rouvrir un autre quelques jours plus tard, afin que Tristan puisse trouver quelques réponses à ses questions concernant la suite des aventures ? Smile

Tristan acquiesça aux explications de Kliff quant au contrat impliquant le don de la nourriture et des denrées diverses contre un logement et une protection. En théorie, ça semblait honorable. Voilà qui ressemblait même plutôt au système féodal, et ça avait plutôt une bonne logique.

- Oui l'échange paraît équitable et plutôt cohérent. Dis-moi ? Est-ce que... Comment dire ça... - il cherche un peu ses mots, envisage la meilleure tournure pour mettre de l'ordre à ses pensées et se montrer clair - Est-ce qu'y a une différence de traitement entre les gens selon qu'on a pu ramener plus ou moins de choses au groupe ? Ou bien y a une équité d'ce côté-là, prenant en compte la volonté de jouer collectif, plutôt qu'les aléas qui peuvent faite qu'un jour pour telle ou telle raison, untel "rapporte" moins...

L'éclat de rire dans lequel partit le gamin fit faire un petit bond au danseur invalide dans son véhicule. Mais il sourit et opina simplement du chef à sa réponse, quoique le garçon semblant ne pas avoir saisi la pensée de Tristan. A moins que ce dernier se soit effectivement mal exprimé. Il se demandait simplement si les Réprouvés laissaient facilement partir, sans rancune ni méfiance, l'un des leurs.
Mais aux réponses de son jeune informateur, le vagabond se dit que le groupe jouissait d'un certain code d'honneur, d'une forme de solidarité, et laissaient une bonne liberté à leurs membres. Option intéressante à considérer. D'autant que d'après Kliff, le Château n'était pas si inaccessible que cela pour lui, et les membres des Réprouvés seraient tout à fait en mesure de l'aider si nécessaire, avec son fauteuil roulant.
A moins que le gamin, tout futé et très intelligent qu'il était, ne se rende pas complètement compte de certaines choses du simple fait de son âge ? Aussi Tristan demeurait-il encore sur la prudence et la curiosité, en recherche d'informations.

Il offrit un sourire au garçon en réaction à sa dernière réponse, et se figura lui-même le tableau de ces personnes hétéroclites qui éveillaient toute la fascination de Tristan. Des artistes de rue, danseurs, saltimbanques, il connaissait bien. Quant aux prostituées, alors que beaucoup d'hypocrites bien-pensants les condamnaient, lui s'était toujours senti une profonde affection pour elles. Bien que pas intéressé du tout par l'ace sexuel, il avait déjà côtoyé de ces belles-de-nuit au plus bas, dans la rue. Il avait connu les vies ébréchées et les secrets de certaines, leurs parts d'ombre. Tristan se sentait vraiment de ce peuple de l'obscur, porteur de lumière qu'il était pourtant dans ses rêves d'art et d'indépendance.

(après un petit rire) - T'inquiètes pour le dessin. (rêveur) Moi aussi j'sais pas trop bien l'art. Pourtant j'adorerai apprendre la peinture. J'aime les couleurs. J'sais en fabriquer, mais quand j'les applique sur du bois ou un mur, ça a pas vraiment d'sens. C'est juste... une impression jetée comme ça, des formes, du n'importe quoi hé hé.

Il ne reviendra pas sur sa réserve quant à ce qu'il redoutait que certains Réprouvés puisse lui demander de faire avec ses couteaux... C'était un peu compliqué comme question et le garçon lui-même ne savait sans doute pas tout. Et puis, Tristan était certain qu'il y avait beaucoup de gens très valeureux et solidaires parmi les habitants du Château. Il avait assez appris à connaître les gens de la rue pour savoir que tout n'étaient pas des criminels, loin de là. Ça, c'est ce qu'aiment en dire les journaux, les informateurs, la police...
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

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