Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

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Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Mer 22 Mar - 18:21



Kliff – 10 ans



17 eme jour du premier mois d'été 1139, fin d'après-midi

Le gamin vagabondait dans la rue. Au travail, on lui avait dit qu'il pouvait partir, il avait bien travaillé aujourd'hui, il n'y avait plus de client, le patron pouvait gérer tout seul et son jeune apprenti pouvait rentrer s'il le voulait.

Kliff ne le voulait pas vraiment. Il était content de partir plus tôt mais pas pressé de rentrer à l'orphelinat. De toute façon, il avait encore quelques heures devant lui avant l'heure du repas, ça lui laissait le temps de faire un tour du côté de son ancien lieu de travail. Ce n'était pas parce qu'il n'avait pas le droit de se rendre au Château qu'il avait interdiction de revoir ses anciens copains. Et il savait que dans cette rue là, à cette heure-ci, il y aurait du monde qu'il connaissait.

Bien vu l'aveugle ! Kliff retrouva vite trois de ses anciens compagnons d'infortune. Ils étaient sales, l'un avait un œil bandé (qui allait très bien la dernière fois que Kliff l'avait vu) et une dissimulait sa jambe sous un bandage tellement sale qu'on avait du mal à distinguer le sang dont il avait pourtant été barbouillé. À côté d'eux, avec son uniforme de l'orphelinat, Kliff paraissait beaucoup trop propre. Et ses anciens amis ne se privèrent pas de s'en moquer. Le gamin ne se laissa pas faire pour autant, pas question de se laisser marcher dessus ! Fier comme un coq, il leur rabattit le caquet.

Mais plus loin, il vit une nouvelle tête. Il ne la connaissait pas celle là, et elle l'intriguait. Assit par terre avec une coupelle posée devant elle, Juyelle jouait de la flûte, comme à son habitude, à côté d'elle, par contre, il y avait un être très étrange qui se dandinait dans sur un chariot. Ses anciens amis lui dirent qu'ils ne savaient rien de lui, juste qu'il s'était pointé aujourd'hui et avait profité de la musique de Juyelle pour danser. Le pire c'est qu'il avait du succès (ou elle, on arrivait pas à savoir vraiment).

Très intrigué par le nouveau venu (ou la nouvelle) Kliff laissa les petits mendiants retourner à leur collecte pour aller s'intéresser de plus près à cette étrange personne. Et pour ça, il n'y alla pas par quatre chemins. Il vint carrément se coller sous le nez du gars (vu de près, ça avait l'air masculin).

- T'es qui toi ? demanda-t-il avec une franche curiosité.

Il n'était pas hostile, mais pas franchement bien élevé non plus. C'était l'éducation de la rue qui parlait.

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Message par Tristan Darcy le Jeu 23 Mar - 11:57

Spoiler:
Très classe ce perso *-* Et c'est moi ou on dirait Arya Stark l'illustration ? ^^

Glissant sur ses roues le long des rues, Tristan avait traversé une houleuse mer de corps à cette heure où la confluence des citadins était encore importante. Il s'était efforcé tant bien que mal d'échapper à ces marcheurs contre lesquels il se trouvait souvent pressé. Sur sa route, il avait croisé des bourgeois, des artisans, mais aussi des mendiants dans les yeux desquels il se vit jadis, comme en miroir, et faute de leur pouvoir donner quelque chose, il salua les plus jeunes d'un sourire avant de poursuivre son chemin.

Il arriva finalement à une place plus dégagée. Au loin, sous le soleil d'été, les maisons nobles étaient cuirassées d'argent, et certains murs noirs de lumière. L'ombre des arcades coulant comme une tache d'ancre sur certaines venelles. Cela était beau. Le garçon laissait ces nouvelles couleurs tapisser ses pupilles, ces éclats de voix investir ses oreilles. Tant de nouvelles personnes, de visages, de mains travailleuses dont il imaginait les ouvrages alors qu'il suivait le dessin des os tels des sillons sous les peaux...

Sortant de sa rêverie, il se pencha au-dessus d'une fontaine et y nettoya ses mains qui avait amassé toute la crasse des venelles où ses roues venaient de circuler. Il repéra une joueuse de flûte qu'il se permit d'aller trouver, demandant l'autorisation de broder les gestes de son corps autour des sons de son instrument. Ils convinrent ensemble d'un partage de recette puis, heureux, Tristan se mit en place. Il inspira, contempla les passants et tenta d'oublier ces mille regards intrigués, parfois voyeurs, dont sa personne et son fauteuil faisaient les frais. Un léger sourire retroussa le coin de sa lèvre : ce corps pouvait cependant parler - généralement mieux que ses mots - et surprendre la gent mais dans le sens positif.

La musique s'éleva. Sensuelle, serpentine. Il ne se mit pas tout de suite à danser, charmé par le talent et le doigté de Juyelle qu'il applaudit d'un simple regard admiratif. Puis il se lança.
Il élança à un rythme fou les mains sur ses roues. Au milieu des réactions de surprise, ses longs doigts attrapèrent ses deux couteaux fins et les fit tournoyer. Les armes tintèrent, dansèrent en un sifflement sonore à travers les airs, dessinèrent des cercles vifs dans lesquels elles semblaient devenir le prolongement de la silhouette qui tantôt donnait au véhicule de brusques impulsions, tantôt jouait des lames. Alors que Tristan tournait sans l'aide de ses mains, grâce à l'élan impulsé à son landau, il éleva ses bras et leur donna une courbe répondant à celle des roues, ne faisant qu'un avec son siège le temps d'un tableau éphémère. Ses doigts s'ouvraient, s'écartaient, se refermaient, avalant les couteaux avant de les laisser rejaillir comme des griffes. Il les lança enfin, ils vinrent se ficher en plein cœur de piliers de bois cernant la place.
Tristan alla récupérer les armes, pirouetta, fila, revint. Son dos plongea profondément en arrière. Une par une, ses vertèbres s'enroulaient. Il apprécia le délié de chacune d'entre elles, les imaginant devenir une coquille à l'arrondi parfait ou une vague preste dans sa course. Puis le flux se redressa, ondoya au milieu de quelques spectateurs. Le garçon coulait comme un filet d'eau entre les doigts.
Sa bassin, sa taille, son dos, ses bras le dirigeaient. À son cou, ses parures de la Terre sautaient, claquaient, tournaient au rythme de la flûte. Les pans de ses vieilles manches dansaient autour de ses bras. Les lentes vagues de ses muscles discrets mais notables se voyaient rehaussées tantôt par les premières gouttes de sueur, tantôt par la couleur ambre des flammes qui s'y peignaient lorsqu'il approchait d'une miroir où se reflétait le soleil. Faire de la peinture à sa façon.

Vint la fin du numéro. Tristan s'inclina, applaudit Juyelle, ramassa sa recette avec un large sourire, ému. Il s'apprêtait à repartir, après le partage des gains convenu, lorsqu'il vit approcher un jeune garçon. Onze ans tout au plus. Sa démarche était alerte, décidée, et son regard l'aspirait avec une curiosité non dissimulée.
Il s'interrogeait sur les origines de cet enfant, l'endroit où il pouvait vivre, et son vêtement semblait être celui de quelque institution, ou d'un écolier ? Pourtant, la rue semblait son territoire, il s'y retrouvait sans mal et paraissait même y avoir des relations. Tristan admira cette aisance.
Il fut cependant surpris, mais en aucun cas fâché ou déconcerté, lorsque le garçon s'adressa à lui sans cacher sa curiosité. Tristan se tourna simplement vers lui, reconnaissant dans ses accents et ses "manières" ce que lui-même avait bien appris et pratiqué dans les rues de plusieurs cités. Cet enfant venait-il aussi des venelles et quartiers populaires de la ville ? Il sourit et répondit, de sa voix douce et plutôt timide comme elle l'était toujours lors des premiers contacts :


- Salut. J'mappelle Tristan. (Un temps) Et toi ?
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Mer 29 Mar - 10:29

Kliff avait vu juste, c'était bien un gars. Et un étranger, avec un accent marqué. Pas moyen de savoir d'où il venait par contre, il ne ressemblait à rien de connu à Talsinia. Certainement pas matlendais (ou alors il avait un sacré problème de bronzage) mais pas laodien non plus (ou alors il avait vraiment perdu à la loterie des yeux), ce Tristan ne laissait rien voir de ses origines. Il y avait d'autres pays que ceux qui étaient au-delà de Talsinia ? Ah oui possible qu'on lui en ait parlé une fois ou deux… remarque, pour ce qu'il en avait à cirer, Kliff !

Le gamin reluqua de près l'autre étranger bizarre. Il était freluquet (même s'il pouvait parler de ce côté là lui aussi), ses fringues montraient un sévère problème de nettoyage et il avait autour du cou des breloques louches qui n'inspiraient pas confiance. Sans parler de ce truc à roulettes sur lequel il était perché. Kliff en avait vu des type bizarres, mais des comme ça jamais.

- C'est pas un nom d'ici ça, répliqua le gamin sans prendre la peine de répondre à la question qu'on lui avait posée en retour.

Reculant pour laisser l'autre respirer, Kliff reluqua sans la moindre retenue ce chariot bizarre qui servait de canasson à l'étranger.

- C'est comme ça qu'on se déplace là d'où tu viens ?

Curieux, Kliff fit le tour du gars et de son perchoir pour voir un peu comment il était monté. C'était rigolo ce truc. Y'avait sûrement moyen de s'éclater avec ça. L'imagination du gamin produisit aussitôt une vision très intéressante qui se tenait dans les couloirs de l'orphelinat. Il allait bientôt le quitter, mais justement, un dernier jeu avec ses copains ça se refusait pas.

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Jeu 30 Mar - 18:28

Tristan ne se formalisa pas de l'absence de réponse du garçon à sa question - il était manifestement trop occupé par sa curiosité à son égard. Un sentiment auquel il était habitué et dont il ne se formalisa pas, au contraire. D'autant que ce garçon semblait très sympathique. Sans doute en découvrirait-il un peu davantage à son sujet par la suite.
Pour l'heure, il acquiesça à sa remarque quant à l'étrangeté de son prénom et compléta :

- Oui, sans doute. J'sus passé par le royaume de Laodt, mais j'viens d'loin, très loin. J'tenais plus trop à rester dans ma contrée d'origine, et b'en j'ai eu la chance de tomber sur des voyageurs ou des marchands qu'y m'ont-t-y bien aidé à explorer !

Un petit sourire habitué se dessina aux lèvres de l'invalide lorsque le garçon observa son fauteuil - et il n'avait apparemment jamais vu de cela dans les parages. Tristan ne put s'empêcher de se demander s'il y avait des infirmes à Talsinia, et si oui... se cachaient-ils, pour que la vue de sa chariote soit si inhabituelle ? En tous les cas, personne n'avait été hostile avec lui, c'était un très bon signe. De la simple curiosité, cela lui allait très bien.

Tristan rit, mais sans méchanceté aucune, plutôt avec une certaine complicité, à la question de l'enfant.

- Ah ah ah, j'aurai tellement aimé qu'ce soit une mode d'mon pays, j'aurai ma foi eu moins d'soucis ! (plaisantin) Mais t'as raison, on pourrait lancer la tendance tiens, ça s'rait p't'être moins ennuyeux qu'les modes habituelles hé ! (la voix plus calme, un peu gênée même, quoique son visage restait toujours avenant et enjoué) Non, en fait c't-y seulement quand on a une maladie et qu'on peut pas marcher, qu'on s'déplace là dedans. Ou dans des jattes, ou... bref, tout c'qu'on peut trouver et qui dépanne.

Il surprend une lueur très amusée dans les yeux du garçon et, quelques instant, partage cette complicité pour ce qui lui semblait être comme un jouet.
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Jeu 30 Mar - 21:53

- Plus loin que le Laodt ? Genre, le bout du monde ?

Kliff en resta muet, pour une fois. Bouche bée, il matait le gars, qui semblait pas beaucoup plus vieux que lui (même si quand même un peu) et qui pourtant avait parcourut un long chemin. Dingue ! On ne muselle pas Kliff comme ça, cela dit, ça ne dure jamais.

- Tu m'étonnes que ça te plairait une mode pareille. Ce serait super de se déplacer avec ça !

Kliff, lui, s'y voyait déjà. Est-ce que vous avez seulement idée de tout ce qu'il aurait pu faire avec une chariotte pareille ? Sûrement pas. Lui par contre en avait une assez bonne, d'idée, et ça lui plaisait sacrément !

- Et ça roule vite ce truc ? Tu as déjà fait des courses avec ?

Pas la moindre remarque ne lui vint sur la réponse du Tristan concernant les jattes. Le bienheureux garnement ne retenait que ce qui l'intéressait. Être handicapé n'était pas intéressant à ses yeux, alors il n'en parlait pas. Et puis, rouler dans un truc comme ça c'était rigolo, devoir se traîner parce qu'on avait pas de jambes, non ça par contre ça ne l'était pas. Les infirmes, il en avait déjà vu quelques uns, mais ils étaient beaucoup moins drôles que ce Tristan. Kliff n'était pas près de le lâcher celui là !

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Ven 31 Mar - 9:32

- Le bout du monde, oui, on peut dire ça comme ça. Y a d'aut' continents en fait, j'ai même pu prendre deux semaines le bateau grâce un type vraiment, mais vraiment chouette.

Tristan était tout sourire en expliquant cela. Un instant, il s'imagina ce qu'était réellement le bout du monde pour les gens qu'il avait croisés parfois : des contrées peuplées de personnes à la peau très sombre. D'aucuns disaient même qu'il y avait des peuplades à un seul pied, sans tête mais avec le visage dans le buste... bref, où ce qui ailleurs était appelé invalidité était la norme. Légendes ou vérité, cela faisait relativiser.
Et ces six derniers mois où il avait fait ce si grand voyage, au fil du hasard des rencontres. En y réfléchissant bien, il se disait honnêtement que oui, il avait eu de la chance.
Il sortit de sa rêverie lorsque Kliff s'exclama de plus belle, tout feu tout flamme, des vertus du fauteuil roulant. C'était si étrange - Tristan ne se sentit absolument pas jugé sur son invalidité, et l'enfant n'y pensait même pas. Cela faisait du bien, et l'infirme se laissa même comme contaminer par l'entrain et l'inconscience de ce garçon. C'était, en un sens, la plus belle des lucidités : ne pas regarder à la maladie.

- Oh, eh bien ça dépend des terrains où qu'tu te trouves... Sur des gros pavés, pas trop... mais sur des places plus lisses, dans des couloirs, sur des endroits assez plats, ouep ça peut faire d'jolies pointes de vitesse avec de l'élan.

Il sourit à la question quant aux courses. Effectivement, il avait en un sens déjà fait des courses avec sa chariote - contre la police ^^ Aussi répondit-il en toute sobriété :

- Oui, j'ai déjà coursé. Mais quelqu'chose me dit qu'toi aussi 'vec tes jambes qui ont l'air bien dégourdies.
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Sam 1 Avr - 17:45

D'autres continents ? C'était quoi un continent ? Kliff n'en savait foutrement rien, et en fait il n'était pas intéressé par la question. Le Tristan utilisa un autre mot étrange, qui lui par contre retint l'attention de Kliff.

- La mer ? C'est comment ? Je l'ai jamais vue.

Et pour cause, il n'avait jamais rien connu d'autre que les rues de Talsinia et le Château. La mer n'était rien de plus qu'un mot étrange et sans matière ici, surtout pour un garçon qui ne savait pas lire. Les laodiens, pourtant, en parlaient lorsqu'ils venaient vendre leur marchandise à Talsinia. Il parlaient d'une très grande étendue d'eau, si bien que la vision du garçon ressemblait plutôt à ce que nous autre appellerions un lac.

Une autre chose avait un grand intérêt pour lui : le chariot. Alors le Tristan avait bel et bien fait la course. L'envie et la jalousie piquèrent Kliff. Ça lui plairait tellement d'essayer aussi !

- Et tu as gagné ? fit-il avec des étincelles dans les yeux.

La question en retour du Tristan effaça cependant le sourire de Kliff, le garnement se fit un peu plus discret.

- Il faut croire que je cours pas assez vite vu que je me suis fait choper.

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Mer 5 Avr - 9:08

Rêveur, Tristan leva légèrement les yeux en hauteur et répondit doucement lorsque le garçon l'interroge quant à la mer :

- La mer, c'est... un peu l'miroir du ciel. Aussi immense, aussi changeant, parfois violent et parfois comme un refuge. P'is elle reflète les couleurs de là haut. (Un temps) Tu vois un fleuve, ou un lac ? B'en c'est y la même chose en mille fois plus grand !

Il le vir alors s'empresser à nouveau autour de son fauteuil et demander avec une fascination qui tout à la fois amusait et touchait Tristan. Avec un petit sourire un peu voilé il entreprit de satisfaire la curiosité de l'enfant :

- Oui, la plupart du temps, j'ai gagné. Heureusement pour moi d'ailleurs ! (Un temps, le voit un peu déçu de ses quelques défaites à la course) Oh, 'vec des jambes comme 'vec des toues tu sais, on a pas du succès à chaque fois. Moi aussi, y m'est arrivé de perdre et de me faire choper. Plusieurs fois. (avec entrain) C'bien pour ça que j'suis là, maintenant ! Et toi alors, avec qui tu fais la course généralement ? Et d'ailleurs t'habites à un endroit particulier ou... un peu partout et nulle part comme on dit ?
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Ven 7 Avr - 6:49

Tiens, il faisait dans la poésie le Tristan aussi ? Il était multi tâche en fait. Bon, l'accent ça gâchait un peu tout. Ceci dit, la poésie et Kliff ça faisait trois : lui, les écritures (quand on est né dans la rue, on ne sait ni lire, ni écrire bien souvent, même si on avait essayé pendant un temps de lui faire rentrer ça dans le crâne à l'orphelinat) et l'art (celui là il en était même très loin, sauf pour celui de faire des bêtises). Très littéral comme garçon, Kliff pris les mots au pied de la lettre. Il se mit à imaginer sa propre vision de la mer. Un truc mouillé, tout bleu, et très en colère parfois. Et très grand (une marre en version grand). Ce qui ne l'aida pas beaucoup à voir la chose, mais comment imaginer une telle chose quand on a pas vu plus grande étendue d'eau que la fontaine de la place ? Kliff avait passé tout sa vie dans les rues pavées ou non de Talsinia, très loin de toute étendue d'eau.

- Comment ça peut être violent et un refuge ?

L'esprit du gamin n'allait pas bien loin. Comprendre une telle contradiction était au dessus de ses capacités, alors même qu'il avait vécu toute sa vie au Château.

Mais parler du sens des mots, franchement, c'est nul, non, il y a bien plus intéressant : faire la course. Kliff fut déçu d'apprendre que le Tristan avait perdu avec son chariot. Non ! Un rêve qui s'effondrait !

- Mais comment tu as pu perdre avec ça ?! C'est obligé tu peux pas te faire avoir par la Garde. Tu t'es laissé prendre ou quoi ?

Non, sérieux, on pouvait pas perdre avec ça ! Mais après c'est vrai que le Tristan il venait d'ailleurs. Là-bas, c'était peut-être pas pareil. Comment savoir ? Il suffisait de voir les étrangers qui venaient à Talsinia ils étaient vraiment pas pareil. Mais genre vraiment pas pareil des fois.

Du bout du pied, Kliff tapa contre la roue pour tester sa résistance. Ça avait l'air solide ce truc. Et c'est le nez tourné vers le sol, continuant de regarder la roue, qu'il expliqua pourquoi lui il avait perdu sa course, définitivement, tout en répondant à la question sur là où il vivait à présent :

- Avant, je courais contre les gardes. Mais je me suis fait prendre. Alors maintenant je vis à l'orphelinat.

C'est vrai que pour le petit voleur, c'était la honte complète et pitoyable. C'était son sang de Réprouvé qui lui faisait dire cela.

Puis soudain, il se redressa, les yeux plein de fierté :

- Mais plus pour longtemps, parce que Madame elle va m'adopter !

Et de bomber le torse pour montrer toute la fierté qu'il ressentait à avoir été choisi par la dame.

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Mar 11 Avr - 23:13

Tristan aperçut le regard flottant du garçon, mi-sceptique mi-rêveur à ses descriptions de la mer. Pourtant, l'enfant sembla apprécier l'image, voguer au gré de son imagination. Il leva les yeux et porta une main à son menton lorsque Kliff lui posa la question quant à son discours - il fallait le dire, assez perché :

- Oh, b'en tu vois, c'est que y a des jours où l'eau porte, avec douceur, et le bateau avance paisiblement sur son dos. Et puis y a des fois où la mer est trouble, fâchée, avec des grosses vagues qui déferlent pour aspirer un navire comme un minuscule point, et qui hurlent... Mais souvent, elle est très belle, la mer.

Mais aussitôt, la mine du garçon sembla adopter une moue de déception, comme étonné par les échecs de Tristan face à certains de ses poursuivants. C'était avec un brin d'amusement, et légèrement flatté, que le jeune invalide se voyait presque comme un héros dans le regard de cet enfant qui l'imaginait si habile et insaisissable du haut de ses petites roues. Et pourtant non, il avait ses failles.

- Me laisser prendre, hum pas vraiment non. Mais tu vois on est jamais à l'abri d'une impasse, puis mine de rien, ma chariote elle va vite, mais des adultes qui courent aussi. Puis y a aussi ces fois où des gens qui m'voyaient m'enfuir m'arrêtaient au passage. T'as l'air d'avoir bien connu ça, toi aussi. (petit sourire) 'Fin globalement, j'ai quand même eu d'la chance. (son sourire s'élargit lorsque Kliff lui parle de sa position actuelle à l'orphelinat et sous l'aile d'une Madame apparemment bienfaisante) Oh, eh bien toi aussi on dirait ! J'suis très content pour toi ! J'peux te dire que c'est pas toujours la joie non plus certains orphelinats. Mais tant mieux pour cette Madame ! J'suis sûr qu'c'est une grande femme, très bonne.

A la voix du garçon, Tristan pouvait sentir en effet toute son admiration pour la dame en question, et sa fierté à avoir attiré son attention. Il laisse faire Kliff, non sans un brin d'amusement, quand il commence à tapoter ses roues pour en voir la solidité, et ne peut s'empêcher d'abreuver sa propre curiosité avec un grand enthousiasme :

- Et alors raconte ! Comment ça s'est fait ? Elle t'a repéré et choisi comment cette Dame ?
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Sam 15 Avr - 20:52

Ça, c'était plus clair déjà, même si encore très imagé. Kliff se fit une idée plus précise de la mer. Et s'en désintéressa donc presque aussitôt. Trop loin, trop abstrait. Même s'il aurait été curieux de la voir en vrai, même rien qu'une fois.

Kliff faisait la moue, dubitatif. Il ne comprenait pas comment, avec un bolide pareil, on pouvait se faire prendre par la Garde. À vrai dire, le garnement s'imaginait à la place du Tristan, fonçant à toute vitesse à travers le rues de Talsinia, qu'il connaissait comme sa poche et dont il connaissait tous les secrets. Non, pas de doute, avec un truc pareil, il n'aurait jamais fini à l'orphelinat… ce qui aurait été triste en fait. Madame lui aurait manqué, et ses nouveaux amis aussi… et le reste.

- Ils ont pas été sympa avec toi, conclu Kliff en comprenant enfin que la vie du Tristan n'était pas facilitée par les autres.

Non seulement il avait déjà du mal à se débrouiller tout seul (c'est vrai quoi, c'est peut-être le pied -façon de parler- une chariotte comme celle là mais ne pas avoir de pieds ça doit pas être facile tous les jours) mais en plus on lui menait la vie dur. Cela fit de la peine à Kliff, brièvement, mais pour avoir vécu dans la rue, il savait qu'on avait tendance à faire chacun pour soi. L'avantage du Château, c'est que la loi du plus fort était un peu diminuée, pour autant elle existait quand même. Et le Tristan n'avait pas de quoi imposer sa loi. C'était comme ça. Dommage, oui, mais comme ça quand même.

Kliff passa la main sur le rebord du chariot, l'air ailleurs. Il s'occupait désormais plus de ce que lui disait le bout d'humain perché dessus que du bolide dont il avait désormais fait le tour. D'ailleurs, la curiosité semblait avoir changé de camp. Le Tristan voulait à son tour en savoir plus sur la vie de Kliff. Le gamin se laissa faire.

- L'orphelinat, c'est pas fait pour les gens qui ont l'habitude de courir dans la rue, c'est dur de rester enfermé quand on vit depuis toujours dans une ville sans aucune limite, répondit-il en haussant les épaules, ne comprenant pas qu'on puisse dire que l'orphelinat (il n'en connaissait qu'un) était mauvais. C'est comme toi, j'ai eu de la chance, Madame m'a trouvé un apprentissage, comme ça je suis pas enfermé tout le temps comme les autres.

Un sourire plus franc, avec une affection sincère, étira ses lèvres quand l'étranger posa des questions au sujet de Madame. Kliff ne répondit pas tout de suite, il regarda un peu à côté de son interlocuteur pour se laisser le temps de réfléchir. On lui avait dit qu'il ne pouvait pas tout dévoiler, il avait bien envie pourtant de parler de sa fierté d'être adopté par Madame, mais il ne savait pas trop quoi répondre au Tristan. C'est pourtant avec son même bagout habituel qu'il répondit, sans se départir de son air effronté, même si c'était avec un temps de retard.

- Madame cherchait quelque chose que j'étais seul à pouvoir lui montrer. Elle savait que je savais, alors elle m'a demandé. Et comme c'était pas facile, je l'ai aidé.

Un air de mystère flotta dans l'expression du garçon qui ne livrerait pourtant rien de plus. Il n'était pas doué pour les secrets, pourtant il était des promesses qu'il avait dites et qu'il ne trahirait jamais, même sous la torture. Plutôt mourir !

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Mer 26 Avr - 12:18

Tristan rentra un peu la tête dans ses épaules lorsque Kliff sembla compatir à ce qui lui était arrivé. Un peu gêné, il se contente d'un sourie fragile et de répondre d'une voix comme désinvolte :

- Oh, c'est comme ça, ça arrive. Heureusement c'est fini.

Le jeune invalide fut ravi de changer rapidement de sujet lorsque le garçon lui parla de l'orphelinat - quoi que ce genre d'endroits, Tristan les avait connus et ils ne lui laissaient pas non plus d'agréables sentiments. Heureusement, l'orphelinat qui avait accueilli Kliff paraissait être tenu par des personnes réellement impliquées et un minimum attentives et compatissantes. Il acquiesça aux explications de l'enfant.

- J'comprends, ça a pas dû êt' simple l'acclimatation à l'orphelinat. Ils ont été gentils ? Y sont compréhensifs avec ceux qui arrivent ? En plus t'as l'air de connaître la ville comme ta poche et de sacrément te démerder ! Et j'vois que t'as encore des amis dehors.

Il sembla un peu attristé à l'image des autres enfants toujours enfermés dans l'établissement. Heureusement que Kliff avait sympathisé avec cette femme !

- J'serai curieux de la croiser cette Madame dis ! (sourire un peu malicieux, et très intrigué) Ah oui ? Elle t'a donné une mission ? La classe ! Ça m'étonne pas, on a toujours besoin d'un plus petit que soi et d'un débrouillard hé. Dis... C'est... c'est secret ou bien j'peux savoir c'est quoi, ce "quelque chose" ?
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Mer 26 Avr - 18:25

Tiens, le Tristan semblait s'être ratatiné sur sa chariotte. Kliff se demanda bien pourquoi. Il avait dit un truc qu'il fallait pas ? Ça aurait pas été la première fois, remarque. Heureusement pour l'étranger, Kliff avait été lancé sur un sujet qui l'intéressait bien plus, et la garnement ne creusa pas la question. Il parla de l'orphelinat à la place. Et de Madame. Un sourire en coin, Kliff repensa à ses premiers temps à l'orphelinat. Dur, ça pour sûr que ça l'avait été !

- C'est chouette, l'orphelinat, pour ceux qui ont été abandonnés par leurs parents. Moi j'avais quand même une famille, pas très facile j'avoue, mais au moins j'étais pas tout seul. Heureusement, ouais, ils sont gentils -un peu trop si tu veux mon avis- ça aide à supporter, sinon t'inquiète pas je me serais tiré depuis longtemps. Mais je pouvais pas faire ça à Madame.

Au final, c'était aussi bien, sinon elle ne lui aurait pas fait la surprise de l'adopter.

Kliff regarda dans la direction des amis en question. Ils étaient partis faire la manche un peu plus loin. Leur technique était bien rodée, comme toujours, ils ramèneraient sans doute leur part au Château encore aujourd'hui.

- Ouais, c'est de bons amis. Mais chut, faut pas dire qu'ils sont encore amis avec moi, ça pourrait leur causer des problèmes.

Kliff en doutait, Kelan était pas comme ça, et probablement pas les autres chefs non plus, mais on savait jamais. Surtout que le môme avait cru comprendre que les choses allaient pas bien au Château en ce moment. Il voulait pas que ses anciens amis aient des problèmes parce qu'ils acceptaient de lui parler alors que Kliff n'était plus des leurs.

Il était rigolo le Tristan comme ça. Son sourire malicieux appela inévitablement celui de Kliff qui adorait les secrets, et les bêtises. Surtout ces dernières il faut dire ce qui est. Il avait bien compris, le Tristan, que Kliff n'avait pas tout dit, faut dire qu'il avait pas été doué non plus. Du coup, il en demandait plus, et Kliff savait pas quoi dire.

- Elle avait besoin de rentrer au Château, et moi je connais le chemin, alors je lui ai montré comment faire.

Bien sûr, le gamin n'avait pas tout compris à ce qui s'était passé là bas. Et on ne s'était pas donné la peine de tout lui expliquer. Il avait pourtant compris qu'il ne devait pas en parler. C'était déjà pas si mal.

- Et comme j'ai choisi mon camp, j'ai plus le droit d'y aller. Je suis plus un Réprouvé maintenant.

Voilà pourquoi Kliff craignait pour ses anciens amis. Enfin, il se demandait surtout s'ils avaient encore le droit de lui parler.

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Tristan Darcy le Mar 2 Mai - 18:46

- Un peu trop gentils ? Héhé, je vois ! Genre surprotecteurs ? Vaut mieux que ça soit dans ce sens là quelque part, au moins y tiennent à vous et sont bienveillants. 'Fin j'veux bien croire qu'il doit y avoir un côté oppressant, quand on a connu la liberté absolue, pour le meilleur et l'pire.

Tristan comprenait bien que le changement ne devait pas être des plus naturels pour bien des gamins accoutumés à vivre dans la rue, à se confronter à une certaine loi de la jungle, sans l'affection de quelqu'un. Il sourit et lâcha un petit rire en imaginant Kliff se tailler si les gérants de l'orphelinat n'avaient pas été sympathiques avec lui.

- Ah ah, pourquoi ça m'étonne pas ? (clin d’œil)

Le visage de l'invalide se ferma un peu, il rosit et baissa d'un ton lorsque Kliff évoqua la situation de ses amis.

- Oh, d'accord. Des problèmes avec la police et l'administration, je suppose... Très bien alors, je serai discret.

Il se courba légèrement vers le gamin pour écouter la suite de ses confidences, auxquelles il réagit d'un hochement de tête et de sa voix toujours feutrée comme des pas silencieux dans la nuit.

- Le Château ? Je vois, ces autres enfants sont encore du côté des réprouvés alors. Mais... ta Madame ? C'est pas une réprouvée j'imagine... Elle a l'air même plutôt du côté des administrations... Elle est en lien, secrètement peut-être, avec les gens du Château ?

Tout cela fascinait le petit danseur. Et l'intimidait en même temps. Il savait les mésaventures et les ravages que pouvaient causer des guerres de clans au sein d'une cité.
Déjà, il s'imaginait tous ces fils complexes qui sous-tendaient la vie de Talsinia, parfois même avec des entrelacements, sans doute des marchés et des ententes secrètes sous les apparentes oppositions ? Peut-être des personnes à double visage du côté de ceux qui habitaient le château ou étaient en contact avec les membres du lieu ?
Et cette Madame, qu'en était-il ? Oh, elle semblait très bonne, de ce qu'en disait Kliff. Et ce garçon espiègle paraissait tout sauf sournois. Il devait sans doute y avoir des relation infiniment plus complexe qu'une vulgaire opposition entre gens de justice, les personnes "officielles", et mauvais hors-la-loi. Il était bien placé pour le savoir.

Tandis qu'il réfléchissait ainsi, il regardait Kliff, espérant qu'il lui en dise davantage et éclaire les questions qu'il venait de lui faire. Une autre, plus embarrassante, vint alors s'ajouter, d'une voix un peu gênée entre ses lèvres à peine ouvertes. Reprenant l'expression qu'avait employé le garçon, il souffla :

- Choisir son camp... Y faut choisir son camp, ici ? Y a d'autres camps, à part les gens du Château ?
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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

Message par Le Talsinien le Mer 17 Mai - 18:47

Le regard de Kliff pétilla. Non, ce n'était pas tout à fait ce qu'il avait voulu dire. Par "gentils" il entendait surtout que ces personnes n'avaient pas conscience de ce qu'était la vraie vie. Ils vivaient dans un monde bien confortable depuis toujours et n'avaient jamais eu à subsister comme les Réprouvés devaient le faire chaque jour de leur vie. Et ils prétendaient apprendre à Kliff ce qu'était la vie ? De l'avis du garnement, c'était plutôt lui qui avait des trucs à leur apprendre. Heureusement, Kliff n'avait plus à les écouter à longueur de journée tenter de lui apprendre toutes ces choses qui n'avaient aucune importance à ses yeux. Mais il ne détrompa pas le Tristan, se contentant de partager son amusement, répondant à son clin d’œil par un sourire plein de malice. Il prit seulement la peine de le contredire au sujet de ses amis :

- Non, la ville s'en fiche. Il faut juste le dire à personne.

Enfant de la rue, ils étaient inconnus de la ville, mais les Réprouvés, eux, connaissaient très bien la situation. Le Tristan sembla comprendre, voulant en savoir plus sur Madame. Là, par contre, Kliff ne pouvait plus rien pour lui. Penché vers l'étranger, il posa un doigt sur ses lèvres pour lui montrer qu'il ne pouvait pas parler.

- Elle avait quelque chose à demander. Mais je ne peux rien dire de plus.

Le gamin savait qu'il marchait sur un fil. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il en avait déjà trop dit. On lui avait pourtant dit qu'il ne devait pas en parler.

Heureusement pour Kliff, l'étranger curieux avait une autre question, parfaite pour changer de sujet. C'est vrai qu'il venait d'arriver, il ne pouvait pas savoir comment les choses fonctionnaient ici. Kliff se fit un devoir de lui expliquer :

- Il y a les Réprouvés et il y a les autres. Soit tu acceptes l'autorité de l’Éminence soit tu dégages. C'est vrai qu'il y a des Réprouvés qui ne vivent pas au Château, mais c'est surtout ceux de Là-Haut (les gens de la ville quoi) qu'on aime pas au Château. Moi j'ai accepté de vivre à l'orphelinat et de partir, alors je ne suis plus des leurs. J'ai plus le droit d'y aller. J'ai quitté leur camp.

Rien de compliqué là-dedans. Rien de méchant non plus. Kliff avait une chance extra, ses amis l'enviaient, certains en tous cas, on lui avait même souhaité bonne chance.

- Tu crois que tu vas rester à Talsinia ? Tu devrais leur demander de t'accepter au Château, ce serait bien pour toi. 

Ce serait difficile, le Tristan était invalide, ce qui voulait dire un poids pour les Réprouvés, car il aurait besoin d'aide pour parcourir le Labyrinthe, mais c'était sans doute possible, surtout s'il ramenait sa contribution.

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Re: Rues d'ici ou d'ailleurs, on est du même peuple

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