Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

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Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Mar 21 Mar - 23:30

21ème jour du premier mois d'été 1139


Pour la toute première fois de sa vie, Naskia ne retrouvait pas le souffle ni le coeur dans les souterrains. Depuis le jour maudit où Gaal avait trouvé la mort, elle ne parvenait plus à y voir clair ni à retrouver ses esprits. La fièvre ne la quittait pas. Déjà amaigrie depuis sa détention, elle s'affaiblissait de jour en jour et refusait de sortir de l'anfractuosité où elle s'était réfugiée. L'étroitesse de son cocon lui donnait un faux sentiment de sécurité plutôt appréciable même si elle savait qu'en réalité c'étaient ses frères qui veillaient sur elle tout en faisant mine de la dédaigner. Ils ménageaient sa fierté autant que faire se peut. S'ils avaient su à quel point elle s'estimait peu, ils n'auraient pas pris tant de peine. Malgré tout, elle leur était reconnaissante. Jewel, surtout, se montrait un protecteur jaloux et assidu bien qu'elle l'ait insulté plus que les autres.

Ça ne pouvait plus durer, se disait-elle chaque jour, luttant pour faire cesser le claquement incoercible de ses dents. Ils avaient tous mieux à faire. La vie continuait et ils devaient gagner leur pitance. Bien qu'elle ait fait jurer à Jewel de ne pas le laisser approcher, elle était certaine que Kelan savait où elle se trouvait et ce que faisaient ses hommes quand ils ne suivaient pas ses directives. Il avait fait en sorte qu'ils soient soudés et solidaires. Il avait réussi au-delà de ses espérances, semblait-il. Et pourtant Naskia allait une nouvelle fois briser cet équilibre. Elle ne pouvait plus vivre ainsi comme une bête miséreuse, survivre de la pitié de ses frères. Une fois sa décision prise, rien ne put l'arrêter et elle choisit au mieux son moment pour disparaître. Elle était libre pourtant, mais elle avait l'impression de fuir, de s'échapper.

Parvenue à une sortie, elle attendit la nuit sans crainte et retrouva enfin la surface. Au milieu des ombres et de la faune nocturne, elle aurait du se sentir mieux, mais ce n'était pas le cas. Dévorée par la fièvre qui faisait s'entrechoquer ses os et brûler ses chairs, elle ne retrouvait pas le souffle ni la raison. Elle continua à monter, alors, croyant dans son délire que les hauteurs lui offriraient le répit dont elle avait besoin. Étaient-ce des escaliers ? Une façade ? Autre chose ? Sa vie en eut-elle dépendu qu'elle aurait été bien incapable de le dire. Tant de pensées l'assaillaient en même temps, accentuant encore les effets de son interminable fièvre. Les visages de Faustine, de Gaal, de Kelan, de Jewel et de tant d'autres dansaient devant ses yeux.

La chute lui parut interminable mais elle ne dut pas durer tant que ça sinon elle n'eut pas ouvert les yeux après avoir heurté le sol. Un souffle douloureux s'échappa de ses lèvres bleuies et pourtant elle n'avait pas mal. Elle était bien au-delà. Sa tête lui disait qu'il y avait des os brisés dans son corps mais une voix intérieure riait encore et encore comme une folle. Il ne servait à rien de se débattre. Il ne servait à rien de lutter. Il suffisait de se laisser aller, de glisser paisiblement dans l'oubli. Si seulement il n'y avait pas cette irritante petite main sale qui pointait un index dans sa joue. Elle souffla encore et referma les yeux, décidée à l'ignorer.

Quand le bruit des petits pieds nus galopant sur le pavé décrut, elle se crut tranquille, mais ils résonnèrent de nouveau bientôt à son oreille, cette fois accompagnés de pas plus lourds. Y avait-il une chance ? Non. C'était un uniforme dont la couleur s'imprimait sur sa rétine quasi-aveugle. L'enfant l'avait vendue. Belle initiative. Elle en aurait fait autant. Pourvu que le gosse ait tiré un bon prix de sa tête. Abandonnant la lutte, elle laissa retomber ses paupières et sombra plus profondément encore dans son délire.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Lun 27 Mar - 23:34

 C’est en début de nuit qu’Azuryth termina sa dernière patrouille. Celle-ci avait été bien plus pénible et longue que prévue. Il avait fallu intervenir dans deux tavernes suite à des heurts entre citadins alcoolisés, et donc appeler en renfort d’autres gardes afin de stopper les deux rixes. Quelques-uns d’entre eux avaient reçus des méchants coups mais rien de trop violents. Au final, les tavernes avaient retrouvé leur calme et les gardes leurs nez et dents.

 Après avoir rédigé rapidement mais consciencieusement les deux rapports concernant ces incidents, il récupéra sa grande cape à capuche, déposa son bouclier et casque, salua les gardes en faction, puis prit la route de sa maison. Il avait, pour une fois, hâte de rentrer chez lui afin de se reposer. Les soins qu’il avait procurés aux gardes lui avaient consommé une certaine quantité d’énergie et il sentait la fatigue poindre.

 Cependant, son repos devrait attendre. Alors qu’il avançait d’un pas vif, il aperçut une silhouette courir à toutes jambes visiblement dans sa direction. Il tenta de distinguer ce qui pouvait la faire courir ainsi mais la nuit cachait toute explication. Méfiant, il s’avança pourtant vers la silhouette qui s’avéra être une petite tête blonde au bout de quelques secondes. Une petite fille, visiblement une mendiante aux vues de ses vêtements salis et déchirés par endroits, finit par arriver à lui à bout de souffle. En quelques mots, le regard implorant de l’aide, elle lui fit comprendre qu’une dénommée Naskia allait mourir et qu’il fallait l’aider rapidement. La petite se rendit d’ailleurs compte après coup qu’elle avait prononcé un nom qu’il fallait mieux taire devant les gardes et en fut toute confuse l’espace d’un instant, essayant de revenir sur ses propos. En réponse, le druide rangea son insigne dans sa sacoche puis lui tapota la tête pour la rassurer avant de lui demander de le mener à la mourante. Hésitant quelques instants, la gamine finit par s’incliner devant le regard bienveillant du garde et le mena en courant jusqu’à la réprouvée.

 Le spectacle qui accueillit Azuryth justifia totalement la détresse de l’enfant. La jeune femme gisait sur le sol d’une ruelle, allongée sur le ventre, totalement inconsciente. En s’approchant, le garde eut du mal à reconnaître les traits qu’on lui avait décrit tant l’humaine à ses pieds avait le visage déformé par la fatigue et la maladie. On aurait dit un spectre, ou un mort-vivant aux vues de l’éclairage, si toutefois les morts-vivants existaient. S’accroupissant, il prit le pouls de l’assassin afin de vérifier qu’elle était toujours en vie, et c’était le cas. Rassuré, il se tourna vers la petite et lui fit un sourire rassurant avant de lui donner quelques pièces, de lui indiquer une auberge où dormir pour la nuit en annonçant son nom, et de lui faire promettre de ne rien dire à personne concernant ce qu’elle a vu. La petite hocha la tête puis disparut dans la nuit.

 Le garde expira puis ferma les yeux quelques instants pour se concentrer. Rouvrant les yeux, il se mit au travail. Délicatement, il retourne le corps de Naskia afin de la placer sur le dos, puis ausculta une première fois son corps afin de vérifier l’état de celui-ci. Il n’y avait visiblement aucune blessure ouverte externe, et seul son bras avait un angle bizarre. Toutefois, la peau était bien trop chaude et le front était brûlant. Il faudrait faire vite pour la soigner, avant que la fièvre ne l’achève, et le druide ne pouvait emmener l’assassin à l’office médical. Il faudrait donc l’amener chez lui, en lieu sûr. Il ne devrait normalement pas la sauver, vu sa position de garde et vu le fait qu’elle avait tué plusieurs de ses collègues dont il se contrefichait éperdument, mais il ne pouvait pas la laisser mourir non plus.

 Posant ses mains sur le bras, le lieutenant ferma les yeux, sondant la blessure et le placement des os en tâtonnant, puis, profitant de l’inconscience de l’assassin, replaça le tout sèchement avant d’utiliser son pouvoir régénératif sur la blessure. Cela le fatigua un peu plus, mais moins que s’il avait dû faire avec la blessure pour le transport de l’humaine. A la recherche d’un support, il épia les alentours. Là, au coin de la ruelle, se trouvait un petit muet à moitié écroulé qui pourrait l’aider. Toujours délicatement, il passa un bras dans le dos et sous les jambes de Naskia et la souleva. Elle pesait moins lourd que ce qu’il avait cru au premier abord. Depuis combien de temps n’avait-elle pas mangé ? S’approchant du muret, il l’y déposa délicatement et la plaça en position plus ou moins assise.
Il retira alors sa cape et la passa autour de la blessée afin de la dissimuler autant que faire se peut. Ceci fait, il déchira un long morceau de tissu du bas de la cape, et le déchira à nouveau en deux, créant ainsi deux « bandanas » qu’il plaça autour du bas de visage de Naskia puis du sien. Il ressortit ensuite son insigne qu’il accrocha à son torse puis fit couler un peu d’eau sur de la terre. Le mélange de la terre et de l’eau créa une boue assez épaisse dont il se servit pour créer des fausses croûtes qu’il plaça à quelques endroits sur les mains et le visage de la blessée. Quand tous les préparatifs furent terminés, il plaça les deux bras de l’assassin autour de son cou, dos à elle, puis les deux jambes autour de sa taille, avant de les agripper pour les maintenir. Ainsi, il put se mettre en route vers la porte de la première enceinte.



 Se servant de la nuit et des bâtiments, il progressa discrètement jusqu’à la porte où deux gardes l’accueillirent.

« Bonsoir citoyen…Oh ! Bonsoir lieutenant ! Vous voulez sûrement rentrer chez vous mais si vous voulez passer, nous devons vous demander qui vous êtes en train de transporter. N’en soyez pas vexé, c’est comme ça pour tout le monde, vous le savez. »

 Les gardes le saluèrent, l’ayant reconnu grâce à son insigne, à son uniforme et à ses yeux et Azuryth leur répondit par un salut de la tête, ayant les mains prises. Puis il ajouta de son ton naturellement neutre.

« Bonsoir soldats. Je le sais, en effet. Il s’agit d’une mendiante que j’ai croisée en revenant, elle est à un stade avancé d’une maladie et elle a besoin de soins urgents. »

 Les deux hommes acquiescèrent puis répondirent tout en s’approchant, intrigués, leurs mains non loin de leurs armes.

« Mais vous ne pouviez pas simplement l’emmener à l’office médical ? »

 Restant immobile, le lieutenant leur répondit tout en les regardant.

« Je n’ai pas ce qu’il faut comme herbes, composants et connaissances à l’office pour pouvoir soigner sa maladie. De plus, je ne veux pas risquer de contaminer les autres patients. Si j’en crois mes connaissances, elle est au stade où sa peau commence à se putréfier. Voyez, des croûtes sont déjà apparues sur sa peau et une certaine odeur se dégage d’elle. »

 Les deux gardes le dévisagèrent, lui restant imperturbable, puis ils regardèrent Naskia et aperçurent les croûtes. L’un d’eux eut la mimique formidable du dégoût majeur et Azuryth sut directement que sa ruse avait pris. L’autre garde recula et les deux échangèrent un regard avant d’ouvrir la porte.

« Vous pouvez y aller lieutenant, en espérant que vous pourrez la soigner. Bonne nuit à vous. »

 Ils le saluèrent, il leur répondit d’un signe de tête.

« Merci, bonne nuit à vous aussi, et bon courage. »

 Sans un mot de plus, il reprit son chemin, le pas vif. Les deux hommes refermèrent la grille puis commencèrent à échanger quelques mots. De son côté, le druide se murmura à lui-même : « Crétins ».


 Le chemin jusqu’à la maison se fit calme, les deux âmes nimbées par le regard bienveillant de la Déesse Lunaire. Arrivés devant la maison, Azuryth déposa sa passagère au sol, puis ouvrit la porte de sa demeure. Il y alluma rapidement les bougies et torches puis transporta Naskia jusqu’à sa table. Ceci fait, il ferma la porte, la verrouilla, ferma les volets, puis se rapprocha de la fiévreuse. Retirant la cape et les bandanas improvisés, ainsi que les croûtes de terre, il reprit sa température. Celle-ci était encore brûlante et ça allait en empirant. Il allait falloir optimiser le temps.

 Tout d’abord, il alla remplir d’eau la baignoire, plaçant en-dessous une pierre de feu qui la chaufferait lentement, puis il alla remplir le chaudron qu’il mit à chauffer dans sa cheminée, y jetant quelques bûches au passage. Ensuite, il se délesta de ses sacs et transporta Naskia jusqu’à la salle de bains. Tout en retirant les vêtements de celle-ci, il vérifia qu’elle n’eut aucune plaie ou hématome important ou alarmant. Visiblement, à part des cicatrices et quelques petits bleus, rien ne sembla poser problème. Fait plus ou moins étrange, il lui manquait son petit doigt à la main droite. Finissant de retirer ses derniers vêtements, il resta quelques secondes aspiré par ce grand tatouage au motif végétal courant le long de son dos. Se secouant intérieurement, il reprit le cours de ses pensées et souleva la jeune femme nue, ne s’attardant pas d’avantage sur son physique. Il n’avait pas le temps pour ça et cela s’avérait particulièrement déplacé. Elle était ici sa patiente, après tout. Enfin, il la plongea avec précaution dans l’eau, l’y faisant pénétrer petit à petit, et la plaçant de telle manière qu’elle ne puisse avoir la tête sous l’eau.

 Ceci fait, le druide se hâta de ranger son uniforme de garde dans l’armoire de sa chambre, collée à la salle de bains, et d’enfiler une tenue plus légère, un simple pantalon et une tunique courte. Il sortit aussi une tunique plus longue qu’il plaça sur le lit. Passant dans la salle de vie, il emprunta les escaliers pour rejoindre sa cave où il prit quelques herbes et deux fioles de liquide avant de remonter. Les déposant sur la grande table, il récupéra un grand bol qu’il remplit avec l’eau chaude du chaudron. Azuryth ajouta ensuite les herbes dedans qu’il broya préalablement dans ses mains puis partit rejoindre l’assassin dans l’autre pièce. Tout en récupérant un savon et un tissu, il profita du bain pour nettoyer avec professionnalisme Naskia qui se trouvait dans un état de salissure bien avancé. Il en profita pour vérifier qu’elle était encore vivante, puis la sortit de là avant de la poser sur un tabouret non loin. Délicatement, il essuya son corps puis la transporta jusqu’à son grand lit où il lui passa la longue tunique qu’il avait sorti peu avant. Il l’allongea délicatement, veillant à ce qu’elle soit bien placée, puis repartit s’occuper du premier remède.

 Le garde récupéra l’infusion, dans la grande pièce, et y ajouta le contenu des deux fioles avant de longuement le mélanger. Une fois le mélange homogène, Azuryth se mut à nouveau auprès de la jeune femme avec le bol. Elle sembla semi-consciente et il en profita pour lui faire boire doucement son remède, la redressant avant de l’allonger à nouveau. Ceci fait, il repartit à sa cave où il procéda plus longuement à la préparation d’un onguent. Celle-ci lui prit une bonne demi-heure et, une fois terminé, il put aller appliquer l’onguent sur le front de la belle aux bois dormants, mais aussi au niveau de ses tempes, du contour de son visage, de son cou, et de son sternum.

 Enfin, une fois tous ces soins faits, il alla poser le reste de l’onguent sur la grande table, se lava les mains, découpa des légumes qu’il prit sur ses étagères, et les jeta dans le chaudron avant d’y ajouter quelques condiments. Il se lava à nouveau les mains, éteignit les bougies, puis rejoignit la salle de bains. Il remplit le plus petit bac d’eau et y lava les vêtements de son invitée tout en laissant de côté le cuir dont il s’occuperait ultérieurement et en se demandant comment on pouvait le laisser devenir ainsi, puis les pendit pour qu'ils sèchent. Il en profita pour se laver un peu aussi avant de partir au sous-sol accrocher les armes au râtelier et les morceaux d'armure de cuir au mannequin. Il retourna ensuite dans la chambre.

 Discrètement, et à pas de loup, il déplaça un de ses fauteuils près du lit, posa son épée contre celui-ci, plus par méfiance envers l'extérieur qu'envers son invitée, recouvrit Naskia du léger drap de son lit, puis prit un livre avant de s’installer dans son fauteuil où il souffla. Il garda une bougie allumée non loin pour l’éclairer et éclairer le visage de la malade. Ainsi il pourrait veiller sur elle tranquillement.

 Toutefois, il ne tarda pas à s’endormir à son tour dans son fauteuil.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Mar 28 Mar - 23:14

Les doigts de Faustine glissaient dans ses cheveux, lissant encore et encore les mèches sombres et emmêlées. Dans le sourire de la jeune femme, il y avait tant de bonheur et de douceur que c'était douloureux à regarder. Trop douloureux. Naskia cligna des yeux et quand elle releva les paupières, c'était Jewel qui la couvait d'un regard tendre et inquiet. Jewel, le Protecteur. Faustine, la Lumineuse. Et puis Kelan apparut, lui aussi et elle se détourna à nouveau. Quand elle rouvrit les yeux, il n'y avait plus personne. Les ténèbres l'enveloppèrent et elle s'y laissa glisser. De brûlures en tremblements glacés, elle émergea plusieurs fois mais tout était flou. Combien de temps cela dura, il lui était impossible de s'en rendre compte, de comprendre, de voir la réalité. Mais pour finir, elle parvint à ouvrir les yeux et découvrit les ombres qui l'enveloppaient. Les éclats inégaux d'une chandelle jetaient des lueurs étranges sur le petit monde qu'elle explorait sans bouger.

L'esprit encore embrumé et les idées confuses, elle se força à prendre conscience de son propre corps jusqu'à être certaine qu'il était entier et en état de fonctionnement. Du moins, autant que faire se pouvait compte tenu des circonstances. Son petit doigt manquant la chatouilla brièvement, signe indéniable qu'elle était elle-même. La fièvre paraissait être tombée en grande partie. Elle ne claquait plus des dents en tout cas, ni ne se sentait plus dévorée de l'intérieur. Étrangement sereine, elle décida aussitôt e se méfier de cette quiétude inattendue dans un endroit inconnu. Car elle était absolument certaine de n'être jamais venue là et n'avait pas la moindre idée de comment elle y était arrivée. En faisant le tour d'elle-même, elle réalisa qu'elle était nue sous une chemise bien trop grande pour être la sienne.

Ce premier tour d'horizon fait, elle se décida à bouger pour découvrir le reste puisque ses oreilles ni son intuition ne lui indiquaient pas de danger immédiat. En tournant la tête vers la lumière, elle se figea d'un coup. Il y avait un homme dans un fauteuil. Il lui fallut quelques instants pour s'apercevoir qu'il dormait profondément. Son coeur battait encore à grands coups désordonnés dans sa poitrine quand elle laissa échapper un soupir. Un moment passa et elle se décida à bouger. Très lentement, encore sonnée et fébrile, elle repoussa le drap qui la couvrait et se redressa. La tête lui tournait atrocement. Plus lentement encore, elle se pencha vers le type. Sa gueule de craie lui causait vaguement mais impossible de réfléchir correctement à cet instant. Quand il commença à s'agiter, elle hésita sur la conduite à tenir puis choisit finalement de se montrer magnanime. Au moins il n'était pas mort, sinon ç'aurait encore été de sa faute, à coup sûr.

Cherchant autour d'elle, elle remarqua une épée qui lui faisait de l'oeil. Non, valait mieux pas tenter le démon. Avec le bol qu'elle avait en ce moment, elle embrocherait le pauvre type avant d'avoir su où elle était. Elle pouvait aussi lui lancer un coussin mais elle avait encore les bras tout mous, elle allait se planter c'était clair. Soupirant plus longuement, elle fit passer ses jambes par-dessus le bord du lit et se pencha vers le type. Il soufflait, s'agitait et geignait comme un marmot en plein cauchemar. Pauvre biquet. Elle tendit donc le bras et lui planta l'index dans l'épaule à plusieurs reprises pour le réveiller aussi doucement qu'elle en était capable.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Mar 28 Mar - 23:34

 Les ombres et les spectres étaient revenus courir dans son rêve, l’attirant toujours plus vers les ténèbres qui ne cessaient de l’assaillir presque chaque nuit. La sueur perlait sur son visage, son corps bougeait par moment, quelques gémissements s’échappaient de sa bouche. Les décors tournaient, les cris se répercutaient, la scène qu’il voulait tant oublier se remettait en place, et IL apparut. C’est d’ailleurs au moment-là qu’Azuryth le sentit le toucher. Ouvrant les yeux, il poussa un premier cri de terreur tout en saisissant son épée collée au fauteuil et en se redressant et se levant d’un coup. Hagard, il regarda autour de lui et croisa le visage de Naskia. Il poussa un second cri, surpris, recula et se prit les pieds dans les pieds du fauteuil, trébuchant puis tombant sur les fesses, le choc le ramenant à la réalité.

 Haletant, il ferma les yeux quelques secondes pour reprendre son calme, puis les rouvrit. Plus serein, il lâcha son épée et posa son regard sur son invitée, avant de commencer à rire, d’abord nerveusement, puis franchement, du comique de la situation et de ce qui venait de se passait.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Mar 28 Mar - 23:59

Au premier cri du type, Naskia sursauta et recula d'un coup. Le coeur battant, elle voulut faire quelque chose, dire quelque chose, mais, devant ses yeux ronds comme des soucoupes, le type enchaina des mouvements désordonnés et finit sur le cul avant d'avoir pu la menacer de son épée. Il avait crié encore ? C'est pas vrai ! Qu'est-ce qui lui avait fichu un taré pareil ? Et voilà qu'il se mettait à rire. Vautrée sur le lit, trop abasourdie pour faire un geste dans l'immédiat, elle se rendit compte qu'elle avait le souffle court et l'air aussi ahuri qu'une débutante à peine sortie de l'oeuf. Bordel. Il fallait qu'elle soit vraiment mal en point pour se retrouver dans cette situation. Et l'autre zinzin qui riait toujours... En fin de compte, c'était peut-être bien elle qui rêvait en ce moment.

Les jambes entortillées dans le drap, elle n'arrivait plus à se remettre d'aplomb. Et puis le rire de l'autre finit par l'agacer. Les sourcils froncés, la moue boudeuse bien malgré elle, elle lutta en grommelant jusqu'à se rasseoir avec le peu de dignité qui lui restait. Croisant les bras sur sa poitrine, elle toisa le malade mental avec ce qu'elle crut être beaucoup de hauteur mais ressemblait à s'y méprendre à la provocation d'une gamine vexée. À demie nue dans une tunique qui flottait autour d'elle, pâle comme la mort, les cheveux emmêlés et avec autant de force dans les bras qu'un demi chien de manchon, elle ne se serait pas accordé la moindre crédibilité si elle avait pu se voir. Mais son arrogance naturelle lui faisait croire qu'elle pouvait figer les gens d'un simple regard.

- On est où ?
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Mer 29 Mar - 0:47

 Azuryth finit par se stopper de rire, après une bonne dizaine de secondes, reprenant un peu plus consistance, même si les mouvements et l’air de Naskia ne l’y aidèrent pas. On aurait dit une petite fille en train de bouder sur son lit après s’être faite grondée, ou après qu’on se soit moqué d’elle. Elle avait quelque chose de mignon avec cette expression. Prenant une longue inspiration, le garde reprit totalement le contrôle de lui-même. Il regarda une dernière fois autour de lui, puis se releva, laissant son épée de côté.

 Son regard vairon se planta dans celui de son invitée. Elle avait l’air d’aller mieux que lorsqu’il l’avait amenée ici, même si elle ressemblait toujours à un spectre aux vues de l’éclairage. Son visage se détendit alors qu’il lui répondait d’un ton neutre, ses yeux bien réveillés.

« Nous sommes chez moi, à l’écart de la ville. Tu ne risques rien en ces lieux. Une enfant t’a trouvée mourante dans la rue et je t’ai amenée ici afin de te soigner. »

 La dévisageant quelques instants, il ajouta d'un ton normal tout en s’approchant du lit calmement.

« Tu as l’air d’aller mieux, la fièvre a-t-elle baissé ? As-tu mal à quelque part ? »
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Mer 29 Mar - 21:47

La réponse du type avait de quoi surprendre. Si les longues années d'entrainement lui permirent de rester de marbre, elle n'en était pas moins - intérieurement - absolument abasourdie. Il l'avait trouvée mourante et l'avait ramenée chez lui pour la soigner ?? C'était bel et bien la chose la plus inconsidérée et absurde que quelqu'un ait jamais fait pour elle. Au moins Indis avait-elle eu l'excuse d'être surprise chez elle par l'assassin. Détaillant son hôte en entier, elle le trouva fort grand et bien pâle. Ses yeux étaient étranges mais il devait être jugé bel homme par les dames. Il avait une certaine allure, un je-ne-sais-quoi qui fit se dresser les antennes de la Réprouvée qu'elle était. Cet homme-là était à part. Et puis d'un coup elle percuta les mots exacts qu'il avait prononcés.

- À l'écart de la ville ? Reprit-elle d'une voix blanche.

Il approcha alors et sa panique grimpa d'un cran. Elle luttait pour dissimuler la terreur croissante qui s'était emparée d'elle mais c'était peine perdue, surtout face à quelqu'un qui l'observait ainsi. Persuadée qu'il allait tendre la main, tenter de la toucher à cause de la fièvre ou quelque chose du genre, elle eut un mouvement de recul et s'empêtra un peu plus dans les draps. À l'écart de la ville... Comment diable avait-il pu lui faire franchir les portes ? Et pourquoi ? Pourquoi au nom du ciel avait-il éprouvé le besoin de la faire sortir ? Il fallait qu'elle rentre immédiatement. D'ailleurs, elle n'aurait jamais du sortir des souterrains. Quand et comment en était-elle sortie d'ailleurs ? L'avait-on mise dehors ? Mais non, personne n'aurait fait ça... Comment elle allait faire, maintenant ? Elle devait partir. Tout de suite. Elle se débattit avec les draps mais ne parvint qu'à se tordre les jambes dans les plis. Si seulement elle n'était pas aussi faible. Elle se sentait abominablement vulnérable et sur le point de paniquer définitivement.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Mer 29 Mar - 22:38

 La réaction de son invitée ne l’étonna qu’à moitié. Après tout, elle était mourante il y a à peine quelques heures. Donc qu’elle recule par méfiance était normal. Il évita alors de tendre sa main pour essayer de toucher son front et s’immobilisa même. Tout ça pouvait être habituel mais… le ton de sa voix, la terreur qui se lisait dans ses yeux et ses mouvements, ne l’étaient pas du tout. Qu’est-ce qui pouvait l’affliger d’une telle crainte ? Peut-être un ancien souvenir ? Azuryth l’apprendrait peut-être, ou non. Retenant un bâillement, il répondit à sa question sans la quitter des yeux. Il fallait la calmer avant qu’elle ne se blesse.

« A l’écart oui. Nous avons passé la première enceinte et nous trouvons actuellement à la limite de la forêt. Les premières fermes ne se trouvent pas très loin. Peu sont ceux qui s’aventurent ici, donc on y trouve une certaine tranquillité. Je le répète, tu n’as rien à craindre ici. »

 Il se remit à bouger, se dirigeant vers son épée.

« Sauf peut-être des draps, ils peuvent être traîtres parfois. »

 Lui lançant un léger sourire entendu, il récupéra son épée qu’il alla déposer sur la commode non loin.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Lun 3 Avr - 23:06

Dans son état de stress, Naskia était incapable du moindre humour, surtout que ce n'était déjà pas son fort au naturel. La plaisanterie sur les draps tomba donc complètement à plat. Elle entendait encore et encore les mots délirants dans sa tête. "Au-delà de la première enceinte". Elle ne pensait même pas que c'était réellement possible. D'ailleurs, hors de sa ville et de sa vie, il n'y avait rien. Le monde se limitait à Talsinia. Elle ne parvenait pas à croire ce que disait le type. D'ailleurs, qui était-il ? Au fond, en y réfléchissant bien, tout ça semblait tellement fou que ça ne pouvait simplement pas être vrai. Ça devait être une sorte de cauchemar bizarre, un délire du à la fièvre. Peut-être même qu'elle était morte, finalement. Ça paraissait logique.

Arrivée à cette conclusion, elle se détendit légèrement et remarqua alors que ses mains tremblaient. Elle avait chaud et froid à la fois, la fièvre, bien que largement tombée, continuait à montrer la lutte qui avait lieu dans son corps. Ainsi donc, la mort ne guérissait pas de tout, semblait-il. Ou alors, elle vous faisait atterrir dans un endroit étrange et délirant. Il fallait bien reconnaître qu'elle n'avait pas mérité de reposer en paix, après tout, c'était bien naturel qu'elle passe par des moments déplaisants.

Une fois calmée, elle parvint à démêler ses jambes du drap et à se remettre dans le bon sens, assise et adossée à un oreiller. Elle continuait de considérer le type qui envahissait sa mort. Était-il là pour la punir ? Croisant les bras sur sa poitrine, elle tressaillit de douleur et baissa les yeux avec stupeur. Les bras étendus devant elle, elle les étudia l'un après l'autre et décela un léger hématome qui semblait indiquer que l'un de ses bras avait souffert. Mais de quoi et à quelle occasion, impossible de se le rappeler. Curieux qu'elle n'ait pas dix doigts dans la mort. Elle aurait cru qu'on lui rendrait le dernier à cette occasion.

- Z'êtes qui, au juste ?
Se décida-t-elle finalement à demander à son guide mortuaire, les yeux toujours fixés sur ses bras et les sourcils froncés par son interrogation intérieure.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Mar 4 Avr - 14:45

 Azuryth remarqua que son trait d’humour n’avait pas pris et ne s’en offusqua pas le moins du monde. L’objectif était qu’elle prenne conscience qu’elle allait finir par se briser quelque chose à force de s’entortiller comme un rôti dans un fil.
 Ayant déposé son épée, il se rapprocha calmement et en silence du fauteuil, aux pieds duquel il ramassa son livre. Naskia semblait encore agitée mais son attitude commençait à changer. Elle semblait déjà plus calme, ce qui s’avérait être une bonne chose. S’il s’agissait vraiment de la fameuse assassin, elle devait être capable, comme lui, de se calmer rapidement. Mais la fièvre n’y aidait peut-être pas. Le garde remarqua sa chair de poule mais n’en dit rien, pour le moment. Tout en bougeant un peu le fauteuil, il l’observa se défaire de ses entraves drapières puis se positionner contre un coussin, assise.
 A son tour, il s’assit, la fatigue revenant toquer avec insistance à la porte de son esprit. Son regard se reposa sur Naskia, la lumière de la bougie réussissant tant bien que mal à les éclairer tous les deux. Suivant son regard, il aperçut les bras et surtout l’hématome. Visiblement, il n’avait pas réussi à la soigner totalement, mais au moins la fracture avait disparu.

 La question de son invitée brisa le silence. Qui il était… il est vrai qu’il ne s’était pas encore présenté et la réponse n’allait sûrement pas lui plaire. Autant ne pas mentir. Et puisqu’elle le vouvoyait, autant en faire autant.

« Je suis Azuryth, garde druide de la cité de Talsinia. Et vous devez être Naskia, c’est juste ? »

 Il annonça les choses d’un ton neutre, puis ajouta.

« Il semblerait que je n’ai pas réussi à totalement soigner votre bras. Tendez-le-moi, je vais finaliser ça. »

 Le druide se redressa et tendit la main. Il se demandait comment elle allait réagir. Si elle allait lui donner son bras, tenter de fuir, essayer de l’éliminer, ou être pétrifiée par la terreur. Il ne dégageait aucune hostilité et son regard s’avérait un brin bienveillant quoique bien fatigué aussi.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Dim 16 Avr - 23:56

Garde druide ? Elle était bien bonne celle-là. Finalement, la mort ne manquait pas d’humour. Et elle ne doutait plus désormais d’avoir bel et bien passé l’arme à gauche. C’était la plus sensée de toutes les hypothèses qui lui étaient venues à l’esprit depuis son réveil. Dans quelle réalité un garde de Talsinia l’aurait-il menée chez lui, hors des murs d’enceinte, pour la soigner alors même qu’il semblait parfaitement savoir qui elle était ? Dans la vie réelle, ou plutôt de son vivant, n’importe quel garde de la cité l’aurait jetée au fond d’un cachot et serait aller se faire épingler une médaille au revers par Bastian Logren. Du coup, sans y réfléchir davantage, elle tendit docilement son bras pour qu’il achève de le guérir, ainsi qu’il le prétendait. Elle n’était vraiment plus à ça près.

- On se connaît ?

La vraie question était plutôt de savoir comment il la connaissait et l’avait reconnue. Qui lui avait dit qui elle était ? Bastian Logren avait-il fait épingler un portrait d’elle à la caserne après son évasion ? Avait-elle croisé cet Azuryth durant son incarcération ? Il aurait été étonnant qu’elle ne s’en souvienne pas mais personne n’était infaillible, après tout. En bref : soit elle était morte et la Mort avait un humour vraiment spécial, soit elle était en vie et rien de tout ça n’avait de sens. Elle ne savait pas trop quelle hypothèse elle préférait au bout du compte.
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Sam 22 Avr - 22:20

 Elle semblait s’être d’avantage apaisée, tout du moins, c’est l’impression qu’elle donnait. Azuryth fut soulagé qu’elle lui donne son bras mais n’en fit montre. Il n’avait vraiment ni l’envie, ni la forme pour la combattre. Tout en remerciant Naskia, il prit délicatement son bras et déposa en douceur sa main sur l’hématome. Vu la réponse de l’assassin, il ne se trompait pas de personne, et alors qu’une légère lueur passait furtivement dans son regard, il répondit à la question.

« Pas le moins du monde. Il y a encore quelques heures j’ignorais jusqu’au son de votre voix. Mais plusieurs indices m’ont permis de vous identifier. »

  Une légère lumière apparut entre la main et le bras de Naskia, chassant douleur et hématome, laissant la peau sans aucune imperfection. Un éclair de fatigue traversa le corps du druide qui eut un instant de faiblesse. Décidément, il ne s'était vraiment pas assez reposé, mais ça attendrait. La jeune femme avait sûrement une foule de questions à lui poser en rapport avec la situation, et le fait qu'il soit garde.

« Parfait. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, je ferai au mieux pour vous apporter des réponses. »

 Son regard bicolore se posa sur son visage après son annonce et, profitant du fait que son invitée semblait plus docile, avança sa main vers le front de celle-ci afin de vérifier l’état de la fièvre. Il s'avérait plus détendu que précédemment, comme dans son élément.

« Si vous permettez. »
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Mar 25 Avr - 20:40

Un frémissement imperceptible remonta le long du bras de Naskia. Peu de gens osaient la toucher. Moins encore y parvenaient avant qu'elle les en ait empêchés. Curieuse bien que toujours aussi visiblement renfrognée, elle ne quitta pas le type des yeux tout le temps que dura l'opération. La douce chaleur sous la paume du type ne parvint pas à la surprendre assez pour que lui échappe la lueur dorée. Tout cela était étrange et inattendu. Curieusement, elle se demanda ce qu'en aurait pensé Jewel et une petite contraction au niveau de son coeur la troubla. Elle se détourna alors mais pas assez vite cependant pour ne pas remarquer que les traits de son vis-à-vis s'étaient tirés.

Elle aussi avait envie que tout cela cesse. Elle était lasse de lutter. En y réfléchissant, elle revenait à l'état d'esprit qui l'animait avant son violent accès de fièvre. Depuis tous les événements tragiques qui avaient bouleversé sa vie, depuis la mort de Gaal en particulier, elle n'était plus elle-même et ne trouvait pas le second souffle qui aurait du lui insuffler son habituelle rage de vaincre et de vivre malgré une destinée contraire.

- Est-ce que je suis déjà morte ? Osa-t-elle finalement demander d'une voix lasse.

Et puis revenant à son interlocuteur, elle le dévisagea encore plus attentivement tout en faisant un geste vague de la main. Qu'il s'asseye donc avant de tomber. Elle pouvait le sentir d'ici qu'il était sur le point de s'effondrer. Enfin presque.

- Pourquoi tu fais ça ?
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Azuryth Illïyan'Mu le Mar 25 Avr - 21:35

 Etait-ce une pointe de tristesse qu’il avait captée dans le regard de l’assassin ? Peut-être. En tout cas, son expression sembla changer, passant d’un calme certain à une certaine lassitude. Sa voix et sa question vinrent étayer les observations d’Azuryth qui ne fut pas vraiment surpris d’entendre une telle demande. Aux vues de l’état dans lequel elle s’était retrouvée, elle avait frôlé de peu la mort, et la fièvre aurait tout fait pour rendre la rendre confuse.
 Sans répondre, le druide entraperçut le mouvement de la main mais se concentra sur le front sur lequel il avait pu poser sa main. La peau était douce et encore un peu trop chaude, mais la majeure partie de la fièvre avait disparu. Une bonne chose. Un bon repas, du repos, et quelques onguents supplémentaires devraient faire l’affaire pour la remettre sur pieds, tout du moins physiquement. Naskia semblait avoir repris des couleurs, ou tout du moins, elle n’était plus aussi spectrale que précédemment.
 Détachant sa main du front, il recula pour s’asseoir bien au fond de son fauteuil avant de croiser ses mains sur son ventre et de répondre d’un ton plus ou moins neutre.

« Je vérifiais si ta fièvre était tombée, et c’est bien le cas, en grande partie. Elle devrait disparaître dans les prochains jours si tu restes tranquille. Tu as failli mourir mais tu es maintenant presque totalement hors de danger. »

 Il l’observa un instant puis reprit.

« Si tu me demandes pourquoi je te soigne, je te répondrai que je n’ai pas pour habitude de laisser mourir les gens mourants, d’autant plus lorsqu’on me demande de les sauver. »
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Re: Blême quand sonne l'heure [PV Azuryth Illïyan'Mu]

Message par Naskia Viläme le Mar 25 Avr - 22:05

Décidément ce type était très tactile, songea Naskia en réprimant un mouvement de recul. Elle lui avait donné la permission. Et puis il l'avait déjà soignée apparemment, elle pouvait au moins lui accorder le bénéfice du doute. La main tiède et douce qui se posa sur son front lui fit baisser les yeux mais elle ne bougea pas jusqu'à ce qu'il soit retourné s'asseoir dans son fauteuil. Un petit frisson la parcourut alors qu'elle se renfonçait dans la oreillers et s'efforçait de tirer les draps sur elle. La fièvre remontait-elle ou la situation la mettait-elle seulement plus mal à l'aise qu'elle ne voulait bien le reconnaître ? Elle avait failli mourir, avait-il dit. Pourquoi n'était-elle pas morte ? Pourquoi l'avait-il trouvée ? Si elle avait été croyante, elle aurait pensé qu'un dieu moqueur ou vengeur avait décidé de lui refuser le repos auquel elle aspirait. Sa dernière remarque la fit réagir.

- Qui t'a demandé ?

Une autre question sous-tendait celle qui sortit de ses lèvres : qui peut bien vouloir me sauver ? Une part d'elle voulait savoir mais une part plus grande encore voulait tout oublier, jusqu'à son nom qui n'était qu'une invention. Fermant les yeux, elle reposa sa tête contre les oreillers en se tournant de l'autre côté, comme un symbole de la contradiction profonde qui l'habitait : elle tendait l'oreille mais elle détournait les yeux. Elle voulait ignorer mais qu'on lui dise la vérité. Et pourtant la vérité avait le pouvoir de blesser plus sûrement que ses propres lames, elle était la mieux placée pour le savoir. Chassant cette pensée déprimante, elle se concentra sur la réponse de son rebouteux du jour. Cette vérité là ne lui ferait pas de mal. Et ensuite, elle se laisserait sombrer. Elle lui dirait qu'il avait épuisé ses dons pour rien et finirait le travail.
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