Un remède pire que le mal ?

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Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Dim 27 Mar - 10:49

8eme jour du troisième mois de printemps


- Doucement... oui là comme ça.

Les deux hommes posèrent Indis avec les précautions qui s'imposaient sur le grand lit à baldaquin sous la supervision très étroite de Nil et du meilleur druide des Libérés. La jeune femme était toujours aux prises avec un lourd sommeil dont elle ne sortait pas. Étant donné l'absence d'évolution dans l'état de la médium, Nil avait finalement décidé de sortir les grands moyens, en accord avec le druide, il tentait le tout pour le tout. Et pour que tout se passe bien, il fallait changer Indis d'atmosphère, il fallait une pièce aérée, ce qu'on ne trouvait pas au Refuge, alors Nil avait décidé qu'elle serait très bien chez les Ol'Shullan, où en plus un druide et une druidesse pourraient répondre à ses besoins en cas de problème, bien que la vrai raison en soit qu'il la voulait près de lui, la présence de Faustine et de son père sous le même toit ne servait qu'à accréditer sa décision.

Une fois la malade installée dans le grand lit, les deux Libérés s'en allèrent. Nil et le druide restèrent. Ce dernier, avec l'accord du maître des lieux, se dirigea vers la cheminée dans laquelle brûlait un feu vif comme l'avait demandé Nil. Il sortit un gros sac de toile goudronnée dans lequel il piocha une poignée d'herbes sèches qui atterrirent dans les flammes. Il s'éloigna aussitôt et vint se plaçer auprès de la malade. Un nuage de fumée naquit bientôt du foyer de la cheminée et gagna doucement la pièce entière, précédée de la douce odeur de la légiane. Le druide toussota.

- Tu devrais partir. Tu as d'autres patients.

Le druide hésita un instant mais l'appel du devoir et l'inconfort de la fumée eurent raison de ses réticences à quitter le chevet de la malade avant de vérifier la bonne marche du traitement.

- Je reviendrais plus tard dans la journée, assura-t-il comme pour se faire pardonner, avant de quitter la pièce.

Cette odeur ne dérangeait pas Nil, bien au contraire, il en avait l'habitude. Mais l'intérêt était surtout la capacité qu'avait la plante à couper les dons des médiums, chamans et devins qui en respiraient la fumée. Ou à immuniser les esprits des fumeurs à leurs pouvoirs. Indis avait détesté que Nil s'en serve contre elle, et il savait que cela avait des impacts désagréables sur les esprits des médiums, alors il n'avait pas voulu s'en servir. Les échecs perpétuels des druides à remettre Indis sur pieds, et le fait que le don de la jeune femme était manifestement à l'origine de ce mal, l'avaient finalement décidé à en venir là, en accord avec les soigneurs. Tous s'étaient demandés si le mal qui en résulterait serait pire que celui qui l'assaillait déjà ou bien si cela l'aiderait mais, lorsqu'on a tout essayé, les solutions extrêmes deviennent soudain source d'espoir.

Assis sur le lit, Nil tenait la main d'Indis et l'observait attentivement. Elle était agitée de mauvais rêves, encore. Mais tandis que le nuage de fumée l'entourait doucement de ses doigts de coton, le front de la jeune femme perdit progressivement ses plis et les muscles de son corps se détendirent les uns après les autres. Ses paupières cessèrent leur balai et son souffle s'apaisa. C'était là les effets attendus, dont ils n'avaient que peu douté, mais Nil ne perdait pas de vue que cette solution ne pouvait être que passagère. Le don de la médium faisait partie d'elle depuis toujours et son esprit en avait besoin pour vivre correctement. Il fallait seulement espérer qu'à son retour, ce don ne lui serait pas fatale.

Nil attendit encore un peu, pour être sûr que l'organisme d'Indis ait assimilé suffisamment de légiane puis il alla ouvrit en grand la fenêtre pour chasser la fumée. Alors, il s'assit à côté de la jeune femme et attendit de voir ce qui allait se passer. Désormais, Indis dormait d'un sommeil paisible, rien n'indiquait cependant si et quand elle se réveillerait.
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Indis le Mar 29 Mar - 13:19

10 jours, 20. Peut être plus. J'ai perdu la notion du temps. Au début j'arrivais à compter, à me souvenir tandis que j'arrivais à capter avec presque toute ma lucidité l'esprit de ceux qui étaient à mon chevet. Au fils du temps tout est devenu flou, faisant de mes capacités un brouhaha énorme. Mélangeant mes souvenirs à la réalité. Mêlant mes douleurs à celles des autres. J'étais fiévreuse. Pas une fièvre que l'on a lorsque l'on a un mauvais rhum, non elle était bien plus violente. Je brulais de l'intérieur.
Pourtant j'avais réussis à me réfugier un temps dans un océan de glace. Il n'y avait plus rien que ce manteau blanc prêt à m'engloutir. Moi contre cette tempête ardente...mais gelée.

Mon corps garde en mémoire le contact d'une main patiente sur la mienne. De toute mon âme j'ai voulu la serrer dans la mienne mais mon corps refusait obstinément de m'obéir. Comme si celui ci ne m'appartenait plus. Comme si mon corps s'était déjà calciné, ou gelé.
J'ai reconnu la présence de Tomio à mes cotés, celle des enfants dont je m'occupais. Et je crois bien les avoir fâchés dans mon sommeil. Leur place n'étant pas ici mais à jouer... comme des enfants.
Lorsque certains passaient la porte, il me semblait que le brasier s'atténuer alors que je parvenais de l'intérieur à dompter les éléments. Mais c'était toujours de trop courte durée. Il me fallait du temps et je n'en avais pas. Il me fallait du repos mais mon esprit trop ouvert ne me le permettait pas. Alors j'ai sombré... Peu à peu sans que je ne puisse rien y faire. J'ai pu venir en aide à tant d’âmes... Il m'était désolant de constater que je n'étais pas capable de me venir en aide moi même. La mort est là. Je danse avec elle, chaque jour. Et entre nous alors que nous valsions un cavalier masqué se joignait à nous. Il est celui qui me fait tenir tête à la faucheuse. Après avoir cru qu'il était la faux, j'ai su qu'il était mon sauveur. Jamais trop loin, toujours présent. Tantôt dans ma tête me donnant le vertige, tantôt dans mon ventre me donnant la nausée. Il était comme les vagues d'un océan et me berçait de sa présence. C'était lui, le seul que je ne pouvais atteindre.

Aujourd'hui tout semble s'être arrêté. A commencé par cette cacophonie dans mon esprit. Si je le pouvais, je crois qu'en criant ma voix résonnerait. Quel repos! Enfin! Jamais je n'ai été si heureuse d'être seule avec moi même. Mais les flammes lèchent encore mon corps tandis que la fièvre ravage mon être. Je ne sais de quel mal je souffre, je sais simplement qu'il faut que je lutte. Encore... L'enfer brulant fait place de nouveau à mes flots gelés. Et je déchaine les éléments de glace afin de m'aider a combattre cette foutu température.
Combien de temps encore?... Seul l'unique le sait. Est-ce la une punition qu'il me donne pour avoir succombé à l'Amour? Pouvoir et sentiment ne sont-ils pas compatible? Si c'est cela, alors je ne veux plus jamais entendre quiconque.

Ma respiration est régulière malgré une température encore élevée. Doucement je reprends conscience de mon corps. Je suis allongée dans un lit me semble t-il. Bien douillet. Une odeur de lessive plane dans l'air. Et de... légiane. Responsable de ce vide salvateur. Après analyse, je pense qu'il n'y a pas un seul centimètre de mon corps auquel je n'ai pas mal. Même mes cheveux me sont douloureux. Et pourtant je demeure immobile. Les minutes s'égrainent encore tandis que je tente d'apprivoiser mes douleurs. Il me faut du temps.
Il me semble entendre une respiration près de moi. Je me sens épier. Mais je suis incapable d'ouvrir les yeux et encore moins de me redresser. Je me concentre sur ce souffle qui me parvient. Paisible et régulier. Ce rythme à raison de moi et je me rendors... Revenant dans mon océan gelé.

Me revoilà... De mieux en mieux. Ma main bouge imperceptiblement et je tente d'ouvrir les yeux. Douleur insoutenable. Naskia faisait un jeu de vagues, je m'y attèle et refais une tentative. La lumière pique ma rétine cette fois et m'oblige à refermer immédiatement les paupières. Double vagues. Une pour chaque douleur.
Cette fois je laisse la lumière filtrer par une infime ouverture de paupière. Quelle est douce. Peut etre sommes nous le matin, ou bien le soir? Ou bien est-ce une chandelle? Toujours est il que la respiration est encore la. Et je la reconnais. Un imperceptible sourire étire mes lèvres endolories et je tends mes doigts afin d'attraper, je l'espère les siens.
J'ai tant voulu le faire que ce simple geste embu mon regard de larmes de bonheur. Incapable encore de prononcer les moindres mots et épuisée par cet éveil. Mes yeux se referment laissant rouler mes larmes sur mes tempes. Oh je t'en supplie explique moi ce qu'il vient de m'arriver....
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Mer 30 Mar - 6:44

Nil n'avait pas quitté le chevet d'Indis un seul instant. Parfois ses parents étaient venus voir, discrètement, sans s'imposer, si la situation évoluait. À la mi journée, on lui avait monté un repas. Puis remporté ses reliefs lorsqu'il eut fini. Le druide était passé, avait constaté le calme de la patiente puis était reparti. Il avait fallut enfumer encore une fois la pièce pour perpétuer les effets de la légiane sur le pouvoir de la médium. Et malgré tout cela, Indis ne se réveillait pas. Pas même d'un de ces réveils sans conscience qu'elle avait manifesté parfois. Et Nil commençait à craindre de n'avoir pas réussi, d'avoir mal agi.

Pour tromper l'attente qui s'éternisait, le jeune homme s'empara de l'un des livres mis à disposition des invités et en entama la lecture. Il ne dépassa pas la deuxième page, trop nerveux, ses yeux quittaient sans cesse les lignes pour guetter un signe de changement chez la jeune femme. Dès lors, il se contenta de rester assis dans le fauteuil qu'il avait poussé tout contre le lit. Il lui baignait le front de temps en temps pour en nettoyer la sueur qui y perlait à cause de la fièvre et le reste du temps il attendait.

L'après midi avait bien avancé lorsqu'Indis commença à montrer des signes de changement. Le soleil était passé de l'autre côté de la villa, forçant Nil à se lever pour aller fermer la fenêtre par laquelle l'air désormais frais entrait. Il y eut d'abord de petits spasmes, puis ses paupières s'agitèrent. Aussitôt, l'attention de Nil se décupla. Il se redressa dans son fauteuil et observa le visage d'Indis avec intensité. Ses yeux s'ouvrirent brièvement, à plusieurs reprises. Son visage reprit doucement, s'animant des expressions adoptées par la jeune femme lorsqu'elle était consciente. Il lui sembla même qu'elle sourit, mais cela devait être un effet de son imagination. Puis sa main bougea. Un geste timide auquel il répondit instinctivement en entourant les doigts de ses deux mains. Des larmes perlèrent alors entre les paupières mi-closes. Elle devait souffrir le martyr, il fallait qu'il prévienne quelqu'un, qu'un druide vienne pour soulager sa douleur. Il fallait… Mais Nil restait figé, incapable d'élever la voix plus haut qu'un murmure. Égoïste, il voulait garder ce moment pour lui encore un peu.

- Indis, chuchota-t-il d'un ton suppliant. Reviens parmi nous, je t'en prie.

D'une main, sans bouger l'autre qui tenait celle de la jeune femme, il attrapa le chiffon humide pour le passer doucement sur le visage de la malade, dans un essai futile pour apaiser sa douleur.
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Indis le Mer 30 Mar - 11:59

Un bruissement, un murmure parvint à mes oreilles. C'était sa voix... Inquiète? Je n'aurai su le dire. "Reviens parmi nous." J'y travaille...J'y travaille. Mais c'est plus simple à dire qu'a faire. J'ai l'impression que mon corps à été piétiné par un troupeau de vaches. Pour toute réponse, je serrai ses doigts de toutes mes faibles forces entre les miens. Son contact est doux et tellement frai comparé à la chaleur de ma peau.
Je reste un instant, quelques minutes, immobile tandis que je ressens la caresse d'un linge moite sur le front, rassemblant mes forces afin de pouvoir poser mon regard sur son visage. Juste quelques secondes. Quelques précieuses secondes. Sa vue me donnera du courage j'en suis persuadée.

Nouvelle tentative, guidée par sa supplique murmurée. J’entrouvre à nouveau les paupières dirigeant mon regard directement dans la direction ou je pense qu'il se trouve. D'abord je ne discerne qu'une ombre dans la lumière à coté de moi. Puis au fur et à mesure que mes rétines s’habituent à voir de nouveau, les courbes de la silhouette se dessinent. Ma vision se précise doucement mais surement. Lorsque je devine les traits de son visage, je souris en pleurant encore. Pas de doute il est là. Mais pas dans les valses de la mort. Cette fois ci c'est moi qui suis avec lui et non l'inverse.
Je voudrai dévorer ce visage de mes lèvres, gouter cette bouche de la mienne. Respirer son parfum jusqu’à enivrement complet. Mon corps est incapable de me donner cette satisfaction, je me contente d'imaginer en gardant mon regard accroché au sien. J'ai tant de choses à dire. A commencé par oui, je suis de nouveau avec toi. Et je ne compte pas lacher prise. Que s'est-il passé et quel jour on est. Où sont les enfants et comment vont-ils? Oui. Ma priorité s'était eux. Avant.
Je prends une grande inspiration, heureuse de sentir mes poumons se gonfler de cet air nouveau. Et dans un souffle je laisse échapper une parole. "Les enfants..."
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Mer 30 Mar - 18:51

Nil retenait son souffle. Indis ouvrit les yeux, lentement, difficilement. Son regard était lointain lorsque ses pupilles vertes apparurent, mais la conscience était là, juste derrière, guettant le moment de reprendre ses droits. Il était bien trop tôt pour crier victoire mais un sourire lumineux se dessina sur les lèvres de Nil sans qu'il n'y prête attention. Dans sa poitrine, son cœur battait à tout rompre sous l'effet de la tension. Il avait le sentiment que le changement était en marche dans l'esprit et le corps d'Indis. Enfin !

Il reposa le linge dans la vasque puis, d'une main tremblante à cause de l'émotion, il repoussa doucement les mèches humides collées sur les tempes de la jeune femme.

- Les enfants vont bien.

Il la reconnaissait bien là, de s'inquiéter pour les autres malgré son état. Pour l'heure, il n'était cependant pas temps de s'occuper des autres mais bel et bien d'elle-même.

- Ne t'inquiète pas pour eux, c'est de toi qu'il faut se soucier. Tu nous as fait tellement peur !

Ses doigts s'attardèrent sur son visage, glissant doucement sur sa joue jusque sur son menton, où elle la quitta, presque à regret. Elle lui avait fait si peur.

- Il te faut un druide… je reviens vite, promis.

Nil n'avait pas envie de lâcher cette petite main brûlante de fièvre et faible. Il ne voulait pas laisser Indis seule, perdue dans ce grand lit dont les oreillers semblaient vouloir l'engloutir. Pour se donner du courage et se faire pardonner de l'abandonner comme ça, il embrassa doucement les doigts de la malade et reposa la main sur le lit avec autant de précaution que si elle était en porcelaine. Il se leva à regret et parti en quête de quelqu'un. Parents, druide ou serviteur, n'importe pourvu que le message atteigne qui de droit rapidement pour qu'il puisse rejoindre Indis au plus vite.

Il fini par dénicher une servante en train de faire le ménage dans le petit salon et l'envoya fissa chercher père, Faustine ou un druide. Qu'importait du moment qu'il se présentait immédiatement dans la chambre des invités. Une fois la demande expédiée, Nil remonta très vite.

Indis était toujours là. Bien évidemment elle n'avait pas bougé. Il reprit sa place à côté d'elle, assis sur le lit.

- Un druide va venir. Tu as mal ? Tu veux quelque chose ?
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Indis le Jeu 31 Mar - 14:54

Un imperceptible soupire s'échappa de mes lèvres. Pas de soulagement, de déception. La réponse de Nil était LA réponse basique que l'on donne à quelqu'un afin qu'il se mêle de ses affaires. Simplement c'était mes affaires même si je le conçois, je ne suis pas en position pour venir en aide à qui que ce soit. J'avais abandonné mon poste brutalement et donc de retour, je voulais m'assurer que tout aller pour le mieux... En vain. Je n'ai pas la force non plus de batailler pour obtenir des réponses supplémentaires je devais me contenter de ça.
Avec douceur Nil caresse mon visage mais ce simple contact brule ma peau. Comme si sa surface était devenue hypersensible. Je serre les dents afin d'apprécier cette douce cajolerie trop courte à mon gout malgré la sensation étrange. Je lui ai donc flanqué la trouille de sa vie? Qu'il se rassure, à moi aussi. J'ai eu peur de ne jamais reposer le regard sur lui. Et je le dévore des yeux comme si il pouvait disparaitre dans la seconde. Et justement il veut se soustraire déjà à ma vue. J'aimerai pouvoir lui dire que c'est inutile mais la douleur provoqué par son baiser me fit taire. Je retiens mon souffle jusqu’à ce qu'il pose ma main en faisant mon petit jeu de vague. Il me faut effectivement un druide.

Mon regard inquiet le suivit jusqu’à la porte puis il disparut rapidement dans le chambranle de celle ci. Il allait vite revenir, j'étais confiante.

Mon regard se pose sur la source de lumière en face de moi. La lumière du soleil semble décliner. Nous sommes le soir, de quel jour? Je cherche encore à me rappeler mais c'est comme si il me manquait des jours à mon calendrier. J'ai un trou noir béant. Et c'est agaçant d'être dans une telle situation. Je voudrais bouger mais je ne peux pas. Je voudrais parler mais cela me demande trop d'effort. Je soupire...

Le retour ne Nil auprès de moi me redonne de l'entrain. Toute bien calée que je suis dans ce grand lit j'accroche mon regard sur lui, non décidé à refermer les paupières de si tôt.

- Oui... partout.

Je ne sais quelle fichue maladie j'ai pu attraper mais c'est bien la première fois que j'ai hâte de voir un druide. Ou n'importe qui du moment qu'il enlève ma douleur. Ainsi je pourrai au moins bouger un tant soit peu. Je regarde toujours Nil, fascinée avant de répondre enfin à sa question dans un nouveau murmure. Des besoins j'en ai à la pelle! Ou plutôt des questions...

- Quel jour sommes nous?
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Ven 1 Avr - 17:41

Nil ne sut que répondre à cela. Il se sentait terriblement impuissant, alors qu'il avait l'habitude de régler tant de problèmes. Lui qui gérait des crises, comme celle qui agitait actuellement la ville, autant que les Libérés, se trouvait mis en échec par la douleur d'une seule personne. Mais il pouvait peut-être répondre à ses besoins immédiats. De l'eau, à manger, une couverture ou plus vraisemblablement moins de couverture… le choix d'Indis pourtant n'était en rien ce à quoi il s'était attendu.

- 8eme jour du troisième mois de printemps. Cela fait deux semaines que tu es inconsciente. Nous ne savions plus quoi faire, alors nous avons opté pour une solution radicale.

Nil savait que Indis avait identifié cette solution, elle ne pouvait l'ignorer. Avait-elle compris les implications, cela était moins certain. Mais Nil ne voulait inquiéter la malade, il préférait parler de choses moins graves.

- Te voilà donc l'invitée de ma famille. Je compte sur toi pour bien te tenir et ne pas me faire honte, ajouta-t-il avec un sourire qu'il avait voulu de connivence mais qui lui fit l'effet d'une grimace.

Cependant, la voir ainsi, éveillée, dans sa demeure, il ne pouvait nier que cela lui plaisait.
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Indis le Lun 4 Avr - 14:21

Deux semaines... Une éternité pour moi. Qu'ai-je bien pu louper pendant tout ce temps? Mon regard reste quelques instants dans le vague. Les libérés en sont où? Ont-ils réussi à élucider les mystères soulevés quelques semaines en arrière? Ou cela avait il empiré? Je ne pouvais le savoir dans l'immédiat sauf si Nil consentait à m'en dire plus. Pour l'heure il tentait de faire de l'humour.

- Je ne peux pas faire grand chose pour l'instant. Mais je serai sage si tu l'es également.

Donnant donnant. Je n'ai plus de don mais j'ai toujours mon pouvoir de séduction ainsi que celui de la manipulation féminine. Je tends les doigts afin de me saisir de sa main -espérant qu'il m'aide aussi-. Pas besoin de pouvoir pour remarquer qu'il est inquiet.

- Tu as bien fait d'utiliser la légiane. Je n'arrivais pas à luter contre l'extérieur et tu l'as fait juste à temps.

Pour une fois je ne ressens pas ce sentiment dérangeant d'être déstabilisée alors que je ne reçois plus rien de l'extérieur. C'est une sensation de paix indescriptible que j'ai. Pour combien de temps? Le temps que ma fièvre baisse. J'espère simplement que Nil se montrera indulgent lorsque j'exigerai ne plus prendre de légiane.

- Je n'en ai plus besoin à présent... Je veux juste un anti douleur. Et tout ira bien...

J'adresse un sourire confiant à Nil. Il faut qu'il accepte de me faire confiance. Même si j'ai l'air de ne pas aller et que le sommeil semble vouloir me gagner à nouveau. Je suis parfaitement capable de savoir ce qu'il est bon pour moi. Mes paupières se referment et je lutte. Pour détourner mon corps de l'envie de dormir je demande à mon bienfaiteur préféré un peu d'eau fraiche. Cela me ragaillardira.




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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Jeu 7 Avr - 9:32

Un rire nerveux et bref secoua Nil à la réponse d'Indis.

- Promis.

Bien que faibles, ses doigts se tendaient vers lui. Il réagit aussitôt et mêla les siens à ceux de la jeune femme. Il avait le sentiment de n'avoir rien fait d'autre depuis deux semaines, et pourtant il s'en était passé des choses ! Il avait eu à gérer une crise plus grave encore. Le Libéré avait l'esprit encombré de problèmes qui semblaient insolubles. Mais il était contente d'avoir avancé dans la résolution de celui-ci. Bien qu'il ne sache pas encore quelle en serait l'issue. Il fut tout de même soulagé qu'Indis ne lui en veuille pas d'avoir utilisé la légiane. La dernière fois qu'il y avait eu recours, il avait failli la perdre. Les circonstances n'étaient pas les mêmes, certes, mais il avait tout de même craint qu'elle lui en veuille de l'avoir privé de son pouvoir sans lui avoir demandé son avis.

- Je suis content que ça ait fonctionné.

Soulagé, il embrassa à nouveau ses doigts. Il était si heureux que la vie les ai gagnés à nouveau. La peau était encore pâle mais avec un peu de chance et beaucoup de soins ils reprendraient de la couleur rapidement. Du moins c'est ce qu'il souhaitait, très fort. Il en priait l'Unique de toute son âme.

- Un druide va venir. Vite, j'espère. Il va t'aider à aller mieux.

Quand on parle du loup… Karl Ol'Shullan, le père adoptif de Nil, frappa à la porte. Nil l'invita à entrer et se leva pour l'accueillir. Le druide avait tout prévu, il était venu avec son nécessaire et les remèdes les plus susceptibles d'être utiles. Sans perdre de temps en palabres inutiles, il s'approcha du chevet d'Indis et posa son matériel sur le lit avant de prendre la place précédemment occupée par son fils.

- Bonjour Indis, je suis Karl, le père de Nil, et je suis aussi druide. Comment vous sentez-vous ?

Déjà, il s'était emparé du poignet de la malade pour en tâter le pouls. Puis il posa le dos de sa main sur son front en écoutant ce qu'elle répondait. La fièvre était très forte, il fallait la faire baisser au plus vite.

Répondant à ses besoins immédiats et palliant à sa douleur, Karl prescrit des remèdes, beaucoup de repos et, puisque le problème venait visiblement de son don, de la légiane pour encore une journée au moins, afin de laisser la possibilité à la médium de se fortifier avant le retour de son don.

- Essayons de vous remettre sur pieds avant de tenter de courir. Soyez patiente, ne vous inquiétez pas pour la suite, vous retrouverez les vôtres bien assez vite.

Nil, debout au pied du lit, ne perdait pas une miette de la scène. Les mains jointes dans le dos, il se tordait les doigts. Si son père ne le connaissait pas aussi bien, il aurait pu croire qu'il s'inquiétait vraiment.
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Indis le Lun 11 Avr - 15:05

Le druide tant attendu entre dans la pièce et Nil s'écarte immédiatement de moi, à mon grand regret. En guise du bonjour habituel, un sourire pale étire mes lèvres tandis que le druide se présente en s'installant à mes cotés. J'adresse un regard sournois à Nil, debout à mes pieds. Le connaissant que trop bien, je le soupçonne d'avoir fait exprès de ne m'avoir jamais fait rencontrer ses parents. Et de le faire maintenant. Mettant ma rage de coté je réponds à "beau papa".

- J'ai eu des jours meilleurs... Je suis fatiguée par la douleur.


Les paupières mi closes, je détaille chacun des gestes de Karl. Méfiante sur les prescriptions qu'il me donne. Il prépare plusieurs mélanges et je bois le premier. Certaine que c'est l'anti douleur. L'autre je fais mine de l'avaler. En aucun cas je ne veux qu'on fasse baisser la fièvre. Et mon regard accroche celui de Nil encore une fois.

- Je ne veux plus de légiane. C'est mauvais pour moi...

Et si trop de légiane anéantissait mes pouvoirs? Je serai bonne pour la casse. Non je ne veux plus prendre ce risque d'autant que je ne sais combien Nil m'en a déjà fait respirer. Et s'il veut me chouter pour ne rien entendre des esprits de la maison, monsieur Nil n'avait qu'a réfléchir avant de m'emmener ici. Bien calée dans tous les oreillers, je tends un bras tremblotant pour poser le verre, intacte sur la table de nuit.

- Bien vite n'est pas assez rapide. Merci pour vos bons soins.

Je referme les yeux attendant que le remède fasse ses effets et ignorant totalement le fait que je n'ai pas bu le second médicament. Je n'avalerai rien d'autre. C'est une promesse faite à moi même. En me voyant me rendormir le druide partira et Nil n'osera pas me réveiller pour avaler son fichu produit.
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Ven 15 Avr - 11:09

Karl répondit à la remarque d'Indis par un sourire compréhensif. Il était peu probable que la jeune femme se remette en un jour de cette étrange maladie, mais il était également inutile de le lui dire. Indis devrait composer avec ce que la nature voudrait bien lui concéder. Druide ou non il ne pouvait rien faire contre cela.

Comme elle fermait les yeux, prête à se rendormir comme elle en avait besoin, Karl se leva et récupéra ses affaires.

- Nil ? Un mot s'il te plaît.

Les deux hommes sortirent de la pièce pour laisser la malade tranquille et discuter sans troubler son sommeil.


* * *


Les jours passèrent. Indis ayant insisté pour ne plus respirer de légiane, Nil avait demandé à tous ceux qui devaient passer à proximité de la pièce de respirer de la fumée. Ce n'était pas pour dissimuler quoi que ce soit à la jeune femme, plutôt pour que son esprit soit le plus reposé possible. Nil ne se faisait pas d'illusion, il savait que la jeune femme pouvait accéder à une bonne partie des pensées de la ville, mais au moins n'était-elle pas assaillie par les pensées de ceux qui vivaient près d'elle.

Le Libéré quant à lui était plus qu'occupé. Il ne pouvait plus passer autant de temps que désiré auprès d'Indis. Ce n'était pas faute d'essayer. Il ne dormait plus dans sa chambre mais dans le fauteuil de la chambre des invités, parfois même en plein jour et entrait à des heures indues. Lorsque Indis se trouvait éveillée en même temps que lui, il lui rapportait quelques nouvelles. Les petits la réclamaient tous les jours, untel avait eu une écorchure pour avoir voulu faire le malin, unetelle avait décidé de se couper les cheveux d'elle-même et le résultat avait été catastrophique, comme on pouvait s'y attendre. Et puis il avait fallu lui parler de la situation actuelle en ville. Nil n'était pas heureux de le faire mais premièrement Indis avait toujours eu un rôle des plus importants dans l'organisation, et deuxièmement elle aurait pu tout deviner sans aucune difficulté en lançant ses pensées à travers les murs jusque dans les rues.

A la maison, on se posait des questions. Nil était inconvenant avec la malade. Un homme ne passe pas son temps dans la chambre d'une femme, cela ne se fait pas dans la haute. Fort heureusement pour lui, chez les Ol'Shullan on est pas trop à cheval sur les convenances, à condition de demeurer dans certaines limites. Le jeune homme s'était confié à sa sœur, une manière pour eux de tenter d'oublier la Réprouvée qui avait bien failli les séparer, en revanche ses parents ne possédaient que leurs suppositions pour eux.

Aujourd'hui, Nil avait une surprise pour Indis. La jeune femme était encore faible mais son esprit alerte parvenait à la garder éveillée plus longtemps désormais. Elle voulait quitter le lit, bien sûr, mais ses essais avaient été trop difficiles pour qu'on veuille bien la laisser partir. Une entente avait été conclue : elle pouvait se lever à condition de ne pas trop en demander à son corps. En conclusion, on veillait à ce qu'elle ne s'éloigne pas trop de sa chambre et s'asseye le plus longtemps possible. Il y avait toujours quelqu'un avec elle, souvent Adriana, la mère de Nil et Faustine, passait-elle du temps auprès d'elle à l'entretenir des potins, ou de sujets plus substantiels. Nil s'amusait des rapports qu'on lui faisait. Indis était vraiment une mauvaise malade !

- Chut, fit-il en posant un doigt sur ses lèvres.

Derrière lui, une troupe de petits marmots parmi les plus impatients à revoir Indis. Tous passés par les cuisines enfumées avant de monter dans le petit salon où se trouvaient actuellement Adriana et Indis.

- C'est une surprise, ne la gâchez pas avant d'arriver !

Nil ne savait pas si la surprise allait en être une, il ignorait à quel point le don d'Indis fonctionnait désormais et quelle utilisation elle en faisait pour le moment. Mais tant pis, il aurait au moins essayé.

La porte du salon était ouverte, Nil s'y introduisit et salua les deux femmes. Indis semblait aller mieux. Il lui sourit largement, heureux de voir qu'elle se remettait. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, une demi douzaine de petits monstres lui couraient déjà dans les jambes pour aller rejoindre leur maman de substitution.

- Raté pour la surprise, soupira-t-il.
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Indis le Mar 19 Avr - 14:43

Mon petit subterfuge avait fonctionné et je n'avais pas eu à avaler quoi que ce soit d'autre. Ni ce jour là, ni les jours qui suivirent. Inutile de préciser que je m'en suis mordu les doigts. J'ai bien cru avoir fait une bêtise en refusant le traitement du druide.

Durant les deux jours qui suivirent ma fièvre n'a pas baissée d'un seul petit degré. Mais à force de patience et d'océan de glace mon corps à reprit le dessus. Progressivement mes pouvoirs sont revenu. Me faisant d'abord tomber dans l'inconscience la plus totale. Puis au fur et à mesure que j'allais mieux, je suis parvenue à les maitriser de nouveaux. Certes ils ne sont pas aussi puissant qu'auparavant mais ça viendra... Chaque jour, je pousse mes limites un peu plus loin. Chaque jour, je parviens à projeter plus en avant mon esprit au delà des murs de la maison. Puisque tous ici sont dopés à la légiane. Même les animaux... Nil fait dans l'exagération pour tous ce qui me concerne. Je n'ai donc rien à me mettre sous la dent pour m'entrainer.

Adriana est une dame adorable avec qui je m'entends à merveille. C'est étonnant ou plutôt non, si je pouvais lire en elle je suis certaine que j'y trouverai de quoi noircir le tableau. Nous passons beaucoup de temps ensemble dans le petit salon où nous bavardons en réparant quelques vêtements pour l’orphelinat. Une aubaine pour moi de pouvoir toucher ces tissus. Ils sont une fenêtre ouverte sur les petites têtes blondes de cet institut. Et je peux dire que Faustine ne compte pas ses heures pour s'occuper de ses protégés. Elle est dans chacun des esprits de ses petits pensionnaires.

Aujourd'hui point de vêtements à rapiécer. Nous bavardons de choses et d'autres en buvant un thé. Talsinia est dans une mauvaise passe et je ne sais comment les choses s'arrangeront. Et j'enrage d'avoir les poings liés, d’être ainsi inutile, de laisser Nil gérer seul cette crise.
Cette inquiétude bien entendu je la garde pour moi même -belle maman- n'étant pas au courant de ce qui me lie à son fils... Même si entre nous une mère digne de ce nom n'est pas dupe.

Je repose ma tasse vide en faisant tinter la porcelaine sur la soucoupe et lorsque je relève le regard, il est dans le chambranle de la porte. Un sourire étrange sur les lèvres. Je le lui rends et avant que je n'ai le temps d'ouvrir la bouche pour le saluer, une ribambelle de gosses lui passe devant et me foncent droit dessus. Mes gosses!
J'ouvre et je referme la bouche comme pour dire un mot mais incapable de parler, j'ouvre mes bras pour que chacun puisse s'y glisser dans des éclats de rire mélés.
C'est une marrée de bisous que je reçois, j'en distribue autant et lorsque le déluge cesse un peu, je relève les yeux sur Nil un doux sourire épanoui sur les lèvres.

- C'est une surprise très réussie! Merci...


Je suis au complet. Ou presque. C'est incroyable de les voir là et ça égaye un peu cette maison morose. J'en cale un sur chacun de mes genoux tandis que les questions commencent à fuser dont une prioritaire sur les autres. Quand reviens tu avec nous?
Je soupire incapable de répondre, cela tiendrait que de moi, je partirais sur le champ mais...

- C'est à Nil qu'il faut demander cela.

Et dans la seconde ou je finie ma phrase tous les regards se portent sur l’intéressé. Implorant, les regards. Comme si ils tentaient de charmer le jeune homme parce que c'est lui et lui seul qui peut leur rendre leur maman. Et je suis de la partie. Je fixe celui que j'aime, inquisitrice, espérant que sa réponse sera celle que j'attends. Même si je suis encore fragile même si je sais qu'il me faut faire attention. S'il te plait...
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Re: Un remède pire que le mal ?

Message par Nil Ol'Shullan le Mar 10 Mai - 19:02

Nil n'osa pas s'introduire dans ce petit cercle fermé et intime qui unissait les six enfants et la fille damnée. Il s'approcha un peu mais resta à distance, accordant seulement à sa mère un regard et un léger salut de la tête avant de reporter son attention vers la jeune femme convalescente. Elle était trop occupée à échanger les douceurs avec les petits pour s'occuper de lui, et lui se sentait de trop. Mais lorsqu'elle releva des yeux plein d'étoiles pour le remercier il ne regretta rien.

Mal lui en prit car il ne fallut pas plus d'un instant supplémentaire pour qu'un petit monstre lui fasse regretter immédiatement son geste. Et les yeux d'Indis, cette fois-ci, n'étaient plus aussi étoilés. Mi-inquisiteurs mi-moqueurs, elle venait de tourner la situation à son avantage. Pourquoi le prenait-elle pour un ennemi ? Comme s'il était seul responsable de sa convalescence. Pourtant, s'il avait les moyens de mettre en œuvre un repos plus que mérité pour la médium, il n'en était pas le prescripteur. Disons, pas l'unique prescripteur. Et ces enfants… Rah !

- Inutile de me regarder comme ça, je ne suis pas responsable et pas seul à prendre les décisions…

Les yeux de ces enfants… Les perles émeraudes d'Indis… Nil avait l'impression d'être un monstre. Il se tourna vers sa mère pour quêter un peu de soutien, celle-ci se contenta de boire dans sa tasse, ignorant complètement son fils.

Nil leva les bras au ciel.

- Faites comme vous voulez. Après tout, ce n'est pas ma santé.

Son ton était découragé mais il ne pouvait complètement effacer le début de sourire qui naissait sur ses lèvres face à l'union de ces forces contre lui. Pour faire bonne mesure, il leur tourna le dos et s'en alla vers la porte. Il s'avouait vaincu mais voulait garder son panache. Aussi peu que ce fut possible.


Spoiler:
C'est officiel : bon retour parmi nous ^_^
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